La peste religieuse

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[…]Gardez à l’esprit que tous ceux qui veulent insérer leur charlatanisme religieux parmi les opinions des travailleurs, même s’ils se présentent sous le couvert de la plus grande respectabilité et bonne virilité, sont des personnages dangereux. Tous ceux qui prêchent la religion, quelle que soit sa forme, ne peuvent être que des fous ou des fripons. Ces deux classes d’individus sont absolument inutiles pour l’avancement de nos idées. Celles-ci, pour leur réalisation, exigent des hommes sincères et convaincus.

La politique opportuniste dans ce cas n’est pas seulement un mal, mais un crime. Si les ouvriers permettent à un prêtre de se mêler de leurs affaires, ils seront non seulement trompés, mais trahis et vendus.

En attendant, il est logique que le peuple oriente ses principaux efforts vers la lutte contre le capitalisme qui l’exploite et l’État qui l’assujettit par la force, mais il faut aussi qu’il n’oublie pas l’Église. La religion doit être systématiquement détruite si l’on veut que le peuple reprenne ses esprits, car sans cela il ne pourrait jamais conquérir sa liberté.

Nous allons proposer quelques questions à ceux qui, étant imbéciles, ou plutôt abrutis par la religion, veulent se corriger. Par exemple :

Si Dieu veut être connu, craint et cru, pourquoi ne se montre-t-il pas ?

S’il est aussi bon et juste que le disent les prêtres, quelle raison y a-t-il de le craindre ?

S’il sait tout, à quoi bon l’importuner de nos prières et de nos affaires privées ?

Si Dieu est partout, dans quel but les églises sont-elles élevées ?

Si Dieu est juste, pourquoi songer à punir les hommes qu’il a lui-même créés chargés de faiblesses ?

Si les hommes ne font le bien que par une grâce particulière de Dieu, quelle raison y a-t-il pour qu’il les récompense ?

S’il est tout-puissant, comment permet-il le blasphème ?

S’il est inconcevable et impondérable, pourquoi nous permet-il de traiter avec lui ?

Si la connaissance de Dieu est nécessaire, pourquoi est-ce un mystère ?

Et ainsi nous pourrions continuer à remplir des volumes importants. La vérité est que devant de telles questions, le croyant de bonne foi est laissé sans savoir quoi répondre, et l’homme qui pense doit lui montrer qu’il n’y a pas besoin de divinité. Un Dieu en dehors de la nature n’est d’aucune utilité lorsque les lois et les relations harmonieuses et variées de la nature sont connues. Et sa valeur morale n’est pas moins nulle que sa valeur matérielle.

Il n’y a pas de pays gouverné par un souverain où sa manière de procéder ne porte pas le désordre et la confusion dans l’esprit de ses vassaux. Ils veulent être connus, estimés, honorés, et tout concourt à confondre les idées qu’on peut se faire d’eux. Les individus soumis à la dépendance et aux lois de la divinité n’ont d’autres idées sur le caractère et les lois de leur souverain que celles fournies par les charlatans religieux, et ceux-ci, à leur tour, doivent avouer qu’ils ne peuvent se faire aucune idée claire de leur maître , puisque sa volonté est impénétrable ; leurs regards et leurs idées sont inaccessibles ; leurs laquais ne se sont jamais mis d’accord sur les lois qu’ils doivent donner pour eux, et ils les annoncent d’une manière différente dans les diverses régions de chaque pays.

Les édits et les lois qu’ils promulguent judicieusement ne sont qu’un fouillis ; ce sont des calembours incompréhensibles pour les individus qui doivent en faire leur éducation et leur drapeau. Les lois de ce tyran invisible ont besoin d’être clarifiées et il arrive toujours que ceux qui les expliquent ne soient jamais d’accord ; tout ce qu’ils savent expliquer de ce tyran invisible, c’est un chaos de contradictions, si bien qu’ils ne disent pas un mot qui ne soit une calomnie ou un mensonge.

Il est appelé infiniment bon et en attendant il n’y a personne pour maudire ses décrets.

Il est dit infiniment sage et il arrive que son administration soit organisée contrairement à ce que disent la raison et le bon sens. Sa justice est glorifiée, et les actes qui le glorifient le plus ne sont que de féroces vengeances. Il s’assure de tout voir, et pourtant tout est dans le désordre le plus épouvantable. Et pourquoi, voyant tout, laisse-t-il tant de confusion parmi ses laquais et tant d’infamies qu’ils commettent chaque jour ? De plus, il fait tout par lui-même et il se trouve que les événements se passent tous parfaitement à l’encontre des plans qu’on lui attribue, ce qui en dit très peu en faveur de son omniscience (capacité à tout voir et à tout savoir ; de « omnia », qui signifie tout et « science », savoir positif), et encore plus de sa capacité à voir ce qui se passera demain.

Son savoir et la protection de ses œuvres sont admirés, et pourtant ses œuvres sont imparfaites et éphémères. Et il crée, détruit et corrige sans jamais se satisfaire de ses œuvres, ne cherchant rien d’autre que sa propre gloire dans ses entreprises, sans attendre l’objet d’être loué en tout et pour tout. Il travaille pour le bien-être et le bonheur des mortels, et la plupart d’entre nous manquent de ce qui est le plus nécessaire. Ceux qu’il semble favoriser sont précisément les plus mécontents de leur sort, et on les voit souvent se révolter contre un maître dont ils admirent la grandeur, louent la sagesse, honorent la bonté, craignent la justice, et dont ils sanctifient les commandements sans jamais les remplir.

Ce royaume est le monde ; ce souverain est Dieu ; leurs laquais sont les prêtres ; les hommes sont leurs esclaves. Beau pays! Le Dieu des chrétiens, surtout, est un Dieu qui, comme nous l’avons déjà vu, fait des promesses juste pour le plaisir de ne pas les tenir ; il envoie des plaies et des maladies aux hommes pour les guérir ; un Dieu qui a créé les hommes à son image et qui ne veut pas être responsable du mal qu’il a lui-même créé ; qu’il a vu que toutes ses œuvres étaient bonnes, puis qu’il s’est rendu compte qu’elles étaient sans valeur ; qui savait d’avance qu’Adam et Ève mangeraient du fruit défendu et ne savaient pas comment l’éviter, ce pour quoi il punit alors le genre humain, un Dieu faible qui se laisse tromper par le diable, et si cruel qu’aucun tyran sur terre peut lui être comparé. Tel est le Dieu de la mythologie judéo-chrétienne.

Celui qui crée des hommes parfaits sans avertir ceux qui ne le sont pas ; celui qui a créé le diable, sans pouvoir le dominer, est un pâtissier, que la religion décrit comme extraordinairement sage ; pour elle, il est tout-puissant et souverainement juste, et punit des millions d’innocents pour les fautes d’un seul ; qui a exterminé toute la race humaine au moyen du déluge, à l’exception de quelques-uns qui constituaient une autre race encore pire que celle détruite, et qui a créé le paradis pour les imbéciles avec des capuchons et un enfer pour les sages qui ne croient pas en lui.

 

Il est celui qui s’est créé par le Saint-Esprit ; qui s’est envoyé comme médiateur entre lui et les autres, qui a méprisé et moqué ses ennemis, s’est laissé clouer sur la croix comme tout autre malfaiteur au sommet d’une montagne; qu’il s’est laissé ensevelir et qu’il est ressuscité après la mort et qu’il est descendu aux enfers, puis monté au ciel, où il est assis à sa droite pour juger les vivants et les morts quand il n’y a plus de vivants… Bref, celui qui a fait tout cela n’est qu’un divin charlatan. C’est un tyran hideux dont l’horrible histoire doit être écrite en lettres de sang, car elle est la religion et elle est la terreur. Loin donc de nous cette mythologie horrifiante. Abhorrons ce Dieu de foi sanglante et terroriste, inventé par les prêtres, qui, sans leur cynisme et leur ambition, ils n’auraient pas pu nager dans l’abondance, et ils ne prêcheraient plus l’humilité de ceux qui ont su cacher leur orgueil sous le masque de l’hypocrisie. Loin de nous cette trinité cruelle composée d’un père meurtrier, d’un fils conçu et enfanté contre nature et d’un Saint-Esprit sensuel qui se consacre à faire concevoir des enfants aux femmes mariées. Loin de nous tous ces pantins déshonorants, au nom desquels ils veulent abaisser l’humanité au rang de misérables esclaves et qui veulent nous envoyer, dans toute la puissance du mensonge, des peines de cette terre aux délices ineffables du ciel.

Heureusement, ce fantôme est en train de disparaître au fur et à mesure qu’il est examiné par la raison à la lumière de la science, et les masses désabusées, après s’être émancipées de telles aberrations, jettent avec indignation à la face des prêtres, cette strophe du poète : Que Dieu soit damné que nous avons priés pendant le froid de l’hiver et les tourments de la faim ; car en vain nous t’avons attendu longtemps et tu nous as ridiculisés, trompés et taquinés.

Nous espérons que les gens ne se laisseront plus moquer et taquiner, et que le jour viendra bientôt où les saints et les crucifix seront transformés en copeaux pour allumer les feux dans les cuisines, les calices et bijoux convertis en ustensiles d’utilité générale, les églises transformées en salles de concert, théâtres, salles de réunion, et si elles ne pouvaient servir à cet usage, en granges ou écuries. Et cela arrivera nécessairement quand le peuple sera déjà fatigué d’endurer tant de mal et d’infamie. Cette manière simple et efficace de procéder sera naturellement celle qui produira la révolution sociale et finira, avec les prêtres et leurs mensonges, les princes et les bureaucrates et leurs privilèges, et la bourgeoisie et son exploitation inique.

Le jour où le peuple parviendra à balayer Dieu et ses laquais, les gouvernements et leurs bourreaux et la bourgeoisie et ses chiens, ce jour-là il sera libre et pourra occuper la place qui lui revient dans la société et dans la nature.

Johann Most- 1892

 

Aujourd’hui comme hier, le combat pour l’émancipation nécessite une lutte claire contre toute religion. La religion catholique périclite suite à plusieurs facteurs : progrès continuels de la science et des connaissances, et dernièrement tous les procès concernant la pédocriminalité à grande échelle de nombreux prêtres. Et ce sous toutes les latitudes.

Nous le redisons ici clairement, les révolutions arabes ne pourront aboutir qu’en reléguant la religion musulmane à l’arrière-plan. De même, en France, les travailleurs doivent s’extirper de l’emprise de la religion musulmane s’ils veulent souscrire un jour à une vision égalitaire de la société. (Ti-wi- GLJD)

 

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