Pauvreté et vulnérabilité: matrice des systèmes autoritaires

chernobil-2018

Homophobie, racisme et agressions se sont multipliés : les travailleurs vulnérables sont de parfaits boucs émissaires, le meilleur moyen pour les désigner comme coupables de tous les maux de la société. Lorsqu’il s’agit de discriminer et de dégrader une personne, il y a toujours un lien commun : la pauvreté et la vulnérabilité. C’est pourquoi il n’est pas étonnant que les quartiers pauvres soient qualifiés de sensibles par les autorités ou de quartiers de non-droits par l’extrême droite. Le racisme ne comprend la race que lorsqu’il s’agit de travailleurs et de personnes à faible pouvoir d’achat. Les travailleurs migrants sont le parfait bouc émissaire pour justifier l’État policier et la répression, et pour détourner l’attention des problèmes sociaux qui nous tourmentent. Ainsi, certains partis politiques utilisent la vulnérabilité des travailleurs migrants et des mineurs pour les déshumaniser, les étiqueter dans des catégories pleines de préjugés, et les dresser contre d’autres travailleurs pour quelques voix. La droite et l’extrême droite en France se font les champions de ce  clivage pour la présidentielle d’avril 2022. Les élections puent et donnent la nausée. Les faschos n’hésitent pas non plus à attiser l’homophobie contre les gens en raison de leur orientation sexuelle. Aux heures de grande écoute, des proclamations dégradantes, discriminatoires et offensantes sont émises à l’encontre des travailleurs migrants et des personnes en raison de leur orientation sexuelle, et dans la rue ces proclamations se matérialisent par de multiples agressions fascistes contre quiconque ne respecte pas les normes de leurs proclamations. La violence des propos induit la violence en acte. Certains groupuscules sont dissous pour mieux se refonder sous d’autres appellations mais en réalité les responsables (de partis en vue) des violences verbales s’en tirent toujours à bon compte. Ce sont des borderline de la loi. Leur but est de gangréner la société pour mieux la diviser. Ce sont les vieilles lunes de l’extrême droite française où le musulman d’aujourd’hui remplace le Juif d’hier. Pour autant, les Musulmans ne sont pas aidés par les salafistes et autres fondamentalistes qui eux-mêmes tentent le clivage de la société. Intégristes et extrémistes de droite sont les deux faces d’une même pièce.

Il est temps que la peur change de camp

Ce n’est pas un hasard si les services de santé, d’éducation et sociaux se sont systématiquement effondrés en France. L’ »État-providence », créé après la Seconde Guerre mondiale en Europe dans le cadre de la Guerre Froide et pour limiter l’influence de l’URSS, semble avoir pris fin. Aujourd’hui, ces services publics, essentiels pour les travailleurs, sont dégradés, victimes de coupes sombres, afin que les entreprises privées puissent profiter de l’argent public et des besoins des personnes les plus vulnérables. De plus, les entreprises privées de santé sortent renforcées de la crise. Il suffit de regarder les milliards engrangés par les principaux milliardaires français et de voir les profits des entreprises du CAC 40. Ces derniers dépassent les 137 milliards pour l’année 2021. Total Energie compte sur un résultat net de 15 milliards, du jamais vu pour une entreprise française. Des dizaines de milliards sont distribués aux actionnaires. Pendant ce temps des millions de personnes sont mal logées en France. Les salaires n’augmentent que très peu…Nous avançons à pas de géant vers un type de soins de santé totalement privé pour ceux qui peuvent se le permettre, et des services sociaux qui dépendront de la charité et de la philanthropie d’entreprises privées et de personnes à fort pouvoir d’achat, très similaire au modèle américain. Si nous laissons faire, cette tendance vers la privatisation de la santé et de l’éducation s’accentuera. Les jeunes avec Macron veulent contester la représentativité des syndicats après l’élection présidentielle. Les sbires du capital font tout pour casser ce qui représente du collectif à leurs yeux. Mais de nombreux jeunes étudiants, certainement pas issus du même milieu social que les jeunes macronistes, continuent à manger aux Restos du cœur et sollicitent le Secours Populaire. Tout comme de nombreux chômeurs.

L’abandon institutionnel et la crise sanitaire et sociale que le COVID-19 a produits ont entraîné une augmentation des taux de vulnérabilité, de pauvreté et d’exclusion sociale qui s’est reflétée dans les quartiers les plus modestes (Pour la Seine Saint Denis, c’est le pompon). Parallèlement, dans certains lieux, plusieurs initiatives d’entraide, de solidarité et d’autogestion ont vu le jour et se sont développées pour répondre aux besoins engendrés par cette crise. Cette solidarité et ce soutien mutuel ont également été cruciaux pour limiter les difficultés d’enfants déscolarisés suite à la pandémie. Pour enrayer la crise sociale et économique dans laquelle nous nous trouvons plongés, il est nécessaire d’apporter solidarité et soutien mutuel dans tous les domaines de notre vie, en devenant des sujets politiques actifs dans la mesure de nos possibilités. S’organiser pour lutter pour des conditions de travail décentes, s’associer avec d’autres usagers de la santé pour arrêter la destruction de la santé publique, ou avec nos voisins pour construire et améliorer nos quartiers et nos villes. C’est ainsi que le mouvement ouvrier a réalisé les conquêtes que les capitalistes veulent nous ravir. La participation politique active des travailleurs à la vie quotidienne a été le moteur de luttes et de réalisations pour obtenir la journée de travail de 8 heures, les congés payés.

La classe ouvrière indépendante, consciente d’elle-même et dotée de sa propre activité politique, sociale et économique, en dehors des institutions de représentation, sera le moteur qui pourra conduire un processus qui mettra fin à la propriété privée et au travail salarié, pour construire une société de fédérations économiques libres, fondée sur le travail, la science, l’équité et la justice.

Christian (Paris) pour le libertaire

 

 

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