Malatesta et la Révolution russe

Corto libertaire

Errico Malatesta Un peu de théorie [Sur les attentats et le terrorisme
de 1892 en France et ailleurs à 1922 en URSS et ailleurs]
La révolution gronde partout ; elle est ici l’expression d’une idée, là le résultat d’un
besoin ; plus souvent la conséquence d’un entrelacement des besoins et des idées qui
s’engendrent et se renforcent réciproquement. Elle s’attache aux causes du mal ou frappe à côté, elle est consciente ou instinctive, elle est humaine ou brutale, généreuse ou étroitement égoïste, mais elle grandit et s’étend toujours.
C’est l’histoire qui marche : inutile de s’attarder à se plaindre des voies qu’elle choisit,
puisque ces voies ont été tracées par toute l’évolution antérieure.
Mais l’histoire est faite par les hommes ; et puisque nous ne voulons pas rester
spectateurs indifférents et passifs de la tragédie historique, puisque nous voulons concourir de toutes nos forces à déterminer les événements qui nous semblent plus favorables à notre cause, il nous faut un critérium pour nous guider dans l’appréciation des faits qui se produisent, et surtout pour choisir la place que nous voulons occuper dans le combat.
La fin justifie les moyens. On a bien médit de cette maxime. En réalité, elle est le guide
universel de la conduite.
On pourrait dire mieux : chaque fin comporte son moyen. La morale il faut la chercher
dans le but ; le moyen est fatal.
Étant donné le but qu’on se propose, par volonté ou par nécessité, le grand problème de
la vie c’est de trouver le moyen qui, selon les circonstances, conduit le plus sûrement et le
plus économiquement au but convoité.
De la manière dont on résout ce problème dépend, autant que peut dépendre de la
volonté humaine, qu’un homme ou un parti atteigne ou non son but, qu’il soit utile à sa cause ou serve, sans le vouloir, la cause ennemie. Avoir trouvé le bon moyen, c’est tout le secret des grands hommes et des grands partis, qui ont laissé leurs traces dans l’histoire.
Le but des jésuites c’est, pour les mystiques, la gloire de Dieu ; pour les autres, la
puissance de la Compagnie. Ils doivent donc tâcher d’abrutir les masses, de les terroriser, de les soumettre.
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