Macron, c’est pas du bidon, c’est du patron ! Alors laisse béton !

C'est la merde

Macron, c’est pas du bidon, c’est du patron ! Alors laisse béton !

Le ministre de l’économie sort sa loi qui taille à la hache le code du travail. Le tempo est donné : le droit des patrons prime sur ceux des travailleurs. On continue à casser les acquis sociaux et le libéralisme est le maître mot.

Contrairement à la présentation qu’en font les médias et le gouvernement, la loi Macron débattue actuellement à l’Assemblée nationale n’est pas une loi « fourre-tout » mais bien une attaque frontale et cohérente contre le monde du travail : réforme de la justice prud’homale, affaiblissement de l’inspection du travail, allègement du délit d’entrave au droit syndical, licenciements facilités et travail  le dimanche…

Un ministre de l’économie sort une loi modifiant en profondeur le code du travail. Macron s’exclamait il y a peu à Las Vegas, terre d’économie casino : « il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». L’ancien banquier d’affaire de chez Rothschild peine à l’affaire lui qui n’est que millionnaire. Son projet de loi additionne et conditionne toutes les lubies et vantardises des économistes libéraux avec une cohérence d’ensemble : il s’agit toujours de vider le code du travail des derniers scories de défense des salariés. La logique d’ensemble de cette loi ultra-libérale est une attaque sans détour contre le droit du travail.

- Travail du dimanche et de nuit : ça va bien plus loin que le passage de 5 à 12 dimanches travaillés par an : les zones touristiques ou commerciales, où tous les dimanches sont autorisés, se généraliseraient, les commerces de gares ne seraient plus limités en dimanches travaillés et la compensation salariale pour le travail de nuit (entre 21h et 24h) sauterait pour le commerce au détail. Il ne s’agit pas de « travailler plus pour gagner plus » mais au contraire de supprimer les compensations salariales des salarié-e-s travaillant de nuit ou le dimanche en banalisant ces horaires. Les « jobs à 0 euros » anglais, où les salarié-e-s sont disponibles en fonction de la demande des employeurs et payés à la tâche en fonction des besoins, ne sont pas loin. Bien sûr, les patrons vont y aller doucement mais sûrement. On détricote patiemment ce que nos aînés ont acquis par la lutte et un rapport de force.

- Destruction des moyens de défenses des salariés : nouvelles attaques contre les prudhommes et l’inspection du travail. En parallèle, un autre projet de loi envisage de transférer une partie de la médecine du travail vers la médecine généraliste. Et la loi sur le dialogue social, écrite par le MEDEF mais refusé par les syndicats et aujourd’hui entre les mains du gouvernement, envisage carrément de supprimer les 2/3 des CHSCT (comité hygiène sécurité conditions de travail) dans les entreprises. Pourtant, le CHSCT, c’est l’arme qui emmerde vraiment le patronat : sa bête noire. Alors autant l’accuser de la rage pour le supprimer !

- Une nouvelle série de privatisations est envisagée : examen du permis poids lourds, entreprises dans l’armement ou la recherche, aéroports et possibilité pour les hôpitaux de créer des filiales privées. Les lignes d’autocars entre villes seraient ouverts à la concurrence, avec une explication par  Macron lui-même : « Beaucoup de Français sont trop pauvres pour prendre le train […], la libéralisation du transport en autocar va bénéficier aux familles les plus modestes. » Rendre le train moins cher serait plus simple et plus écologique ! Très volet social, le Macron.

- Licenciements : si un licenciement suite à une fermeture d’entreprise est jugé illégal par la justice, les salariés licenciés ne récupèreront plus aucune indemnité ! L’accélération des procédures de plans de licenciements par l’Accord national interprofessionnel de 2013 a sans surprise conforté les patrons dans leurs exigences : plus on cède, plus ils en demandent. Et c’est pas fini. S’ils pouvaient nous faire ramper, ils le feraient.

Pas d’unité nationale mais unité contre la loi Macron

Le projet de loi Macron a commencé à être débattu dans les médias début janvier, juste avant les odieux massacres islamo-fascistes à Charlie Hebdo et à l’Hyper-Cacher de la porte de Vincennes. Le concordat d’une unité nationale factice a visé à faire taire toutes les voix discordantes et à organiser le retour à l’ordre derrière ce gouvernement au service des patrons. Gouvernement qui s’est refait une santé sur la mort de gens qu’il détestait.

Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie et appelons non à l’unité nationale avec les patrons mais à l’unité de tous les travailleurs contre le projet de loi Macron ! Le travail du dimanche et l’encadrement des professions réglementées ne sont que la face immergée et médiatique : il s’agit surtout de raboter voire supprimer ce qui protège encore les travailleurs.

Groupe syndicaliste libertaire du Havre

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