L’idée de protection de la nature est indissociable de l’humain

Le fascisme tue

Ce weekend, les urgences des cliniques privées des Ormeaux et de l’HPE au Havre seront fermées : manque de personnel notamment de médecins. Quand on commence à manquer de médecins, de personnel soignant, d’enseignants…il faut se poser les bonnes questions. Dans quelle société veut-on vivre ? Et les politiciens qui sont en campagne permanente n’apporteront aucune solution pérenne. Qu’Hidalgo propose de doubler le salaire des profs, c’est bien, mais chacun sait que cela ne se fera pas. Que la droite remette en cause l’immigration, thème cher à l’extrême droite, on sait que c’est du double discours pour des électeurs xénophobes, parce que le patronat a besoin d’une main d’œuvre bon marché avec l’autre objectif qui est de tirer les salaires existants des ouvriers vers le bas. Que l’extrême droite caresse le peuple dans le sens du poil au niveau social, c’est pour mieux plumer les pigeons. L’extrême droite est toujours du côté du manche. La majorité des gens sait que la solution à nos problèmes ne viendra pas des politiciens, trop communicants, sans agir pour ne pas se mettre à dos les riches et tous ceux qui profitent du système de pères en fils/filles par héritage.

Il en est de même pour le réchauffement climatique et l’extinction du vivant. L’Union internationale pour la conservation de la nature existe depuis 1948 et on veut nous faire croire qu’à Marseille, début septembre 2021, la crise de la biodiversité va se résoudre par quelques amendements d’Etats et coups de gueule d’individualités en vue.

La déforestation, notamment en Amazonie, est régulièrement dénoncée. Bolsonaro n’a fait qu’accentuer la tendance au Brésil. La pollution des côtes bretonnes par les algues vertes est dénoncée depuis longtemps, nous en connaissons tous et toutes, la cause : les nitrates. La pollution des milieux marins par les plastiques est connue depuis longtemps, sans compter qu’une espèce sur quatre de mammifères marins est en voie d’extinction. La disparition d’espèces animales et végétales due à la dégradation des écosystèmes est connue depuis des décennies. On parle de la protection des grands singes mais déjà dans la littérature française, Romain Gary  dans « Les Racines du ciel », roman publié le 5 octobre 1956 aux éditions Gallimard (Prix Goncourt) dénonçait l’extermination des éléphants en Afrique au milieu du xxè siècle. L’écrivain défendait l’idée de protection de la nature indissociable de l’humain : « Il ne faut pas choisir ce qu’on défend : la nature ou l’humanité, les hommes ou les chiens. Non, il fallait s’attaquer au fond du problème: la protection du droit d’exister. On commence par dire, mettons, que les éléphants c’est trop gros, trop encombrant, qu’ils renversent les poteaux électriques, piétinent les récoltes, qu’ils sont un anachronisme, et puis on finit par dire la même chose de la liberté. La liberté et l’homme deviennent encombrants à la longue… ».

Le réchauffement climatique, la couche d’ozone…les dommages causés à l’environnement, la dégradation des écosystèmes…engendrent des sociétés qui souffrent voire sont à la base d’épidémies et de la pandémie qui nous touche encore. Tout cela est connu. Mais l’exploitation minière continue, la pêche intensive aussi, le déboisement idem. Romain Gary voulait repenser notre rapport avec le vivant. Il rejoignait les libertaires sur ce principe éthique.

Les experts conseillent, les politiques discourent et font des annonces ; et pendant cela les populations subissent les sécheresses, les inondations, les maladies…et une éco-anxiété.

Les anarchistes ont un rôle à jouer car si nous ne donnons pas un coup de pied au cul des « décideurs », rien ne se fera ou si peu, juste le minimum syndical, histoire de montrer que les lignes bougent. Hypocrisie que tout cela. Pourquoi ? Parce que les acteurs économiques et leurs actionnaires ne veulent pas changer leur modèle économique, très juteux sur le plan des profits. Ils tireront sur la corde jusqu’à ce qu’elle se casse sauf si nous intervenons à temps pour éviter le pire. Les gros patrons ne subiront ni les inondations ni les sécheresses ni le manque de nourriture dans un premier temps. Ils ont les moyens d’habiter où ils veulent. Les profits n’ont pas de frontières, les patrons non plus. Si on se les gèle en Islande aujourd’hui, après-demain ce pays, ainsi que les pays scandinaves pourraient devenir le nouvel eldorado des multinationales par exemple. C’est pour cela que les riches freinent des quatre fers pour changer de braquet. Ils ont le temps et les moyens d’anticiper et de s’adapter à moyen terme. Ils rient sous cape des recommandations des diverses COP. Le raisonnement est à court terme ; après moi, la fin du monde…

La difficulté pour nous autres libertaires, mais pas que pour nous, c’est la dimension mondiale du saccage de la biodiversité et du réchauffement climatique qui concerne tous les pays. Et la plupart d’entre nous ne pourra se réfugier, climatiquement parlant, dans les quelques zones territoriales épargnées à brève échéance. D’autant que sur le temps long, tout le monde, y compris les puissants, sera touché par la crise climatique qui secouera toutes les parties du globe, sans exception.

Concrètement, ne comptons ni sur les politiciens, ni sur les grands patrons et autres autorités. Ce sont les jeunes qui ont la clef de ce qui se fera ou pas. Les libertaires pensent que l’éducation à l’écologie, la connexion au vivant…peut inverser la tendance sinon la freiner. C’est la somme d’individus conscients qui pèsera pour contrer l’inertie des autorités. Pour les libertaires, c’est la diversité des espèces qui fait sens et la richesse du monde. Il nous faut casser la chaîne qui met sous pression l’exploitation du vivant afin de casser la régression qui se fait jour aujourd’hui et qui se profile en accéléré demain. Peut-être pourrions-nous aussi envisager une réflexion et une action internationale d’un point de vue spécifiquement anarchiste ?

Patoche (GLJD)

 

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