le libertaire de novembre 2020

Anarchistes

Self made man : la promesse du capitalisme est que chacun peut devenir riche. La promesse du libéralisme est que n’importe qui peut devenir président. La preuve par l’exemple avec des Reagan, Trump, Bolsonaro… L’argent et le pouvoir sont très importants pour les gens. La plupart des humains recherchent  le pouvoir. De la femme au foyer la plus humble, qui exerce le pouvoir quotidien dans la famille et éduque souvent ses enfants au machisme et à l’autoritarisme, au travailleur au salaire minimum, qui décide parfois comment gérer sa misère, en bières et jeux…jusqu’au jeune de banlieue qui n’aspire qu’à avoir une belle voiture et de la thune… Même les propriétaires de transnationales, qui profitent des paradis fiscaux pour augmenter leur richesse et ont établi la Cleptocratie: (du  grec  klepto, «  vol  »; et  cracia, «  force  » = domination des voleurs). Celle-ci est l’établissement et le développement d’un pouvoir basé sur le vol de capital, institutionnalisant la corruption et ses dérivés tels que le  népotisme,  le favoritisme politique  et / ou le  détournement de fonds, de sorte que ces actions restent majoritairement  Impunies parce que tous les secteurs du pouvoir sont corrompus,  des représentants de la loi et de tout le système politique et économique. De temps en temps un fusible saute, histoire de montrer que la justice fait son travail pour tout justiciable. Mais il suffit de regarder qui est en prison pour s’apercevoir que la délinquance en col blanc n’y est guère représentée.

Le pouvoir économique et politique est renouvelé de manière périodique selon les pays, du moins en occident, avec des promesses de changement. Tout le monde parle de politique et d’élections. L’actualité des élections américaines avec son faux suspense en atteste. Dans chaque pays, l’espoir de changement (espoir trompeur) est devenu une dépendance qui aliène l’électorat pendant la durée d’un mandat et cela est valable notamment pour l’élection présidentielle. En France, les différents candidats se préparent déjà pour 2022. On ne laisse rarement les électeurs souffler un peu. Les joutes électorales se suivent et se ressemblent.

Par ces temps de pandémie, les gens disent qu’ils veulent et ont besoin d’un leader pour changer et gouverner le pays. La dépendance à l’espoir se cristallise dans les rêves, lorsque la réalité est très dure, les gens préfèrent rêver que se battre. Aujourd’hui, on constate que le coronavirus a confiné les luttes.

Pourtant le mouvement des gilets jaunes avait suscité quelques espoirs, ceux-là positifs. Pour nous autres libertaires, il est incompréhensible que les gens continuent de croire qu’avec les élections, le pays peut être changé. Les politiciens nous vendent l’idée à chaque fois qu’il y a des élections, qu’ils peuvent changer la vie des gens. La vérité est que pour les travailleurs, c’est le changement dans la continuité. Aujourd’hui avec la Covid, c’est même pire qu’hier. En décembre 2020, nous aurons atteint les 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France. Le taux de chômage explose et le capitalisme nous attend au tournant pour le remboursement de la dette. Gageons que les acquis sociaux seront dans le collimateur de ce gouvernement ou du suivant.

Alors pourquoi les gens croient-ils encore aux tromperies des politiciens?

L’hypothèse proposée est qu’en réalité, les gens souffrent d’une addiction perverse: la dépendance au faux espoir. Outre la consommation de substances psychoactives, il existe des addictions à des processus tels que  la dépendance sexuelle, la dépendance au jeu, la  dépendance à la pornographie, la dépendance à la  télévision, le  sport, la dépendance aux nouvelles technologies, au téléphone portable et  dépendance à Internet…

On en vient à avoir des comportements irrationnels: déléguer sa vie à d’autres, au lieu de se battre pour transformer sa réalité, croire que n’importe quel politicien, sera le «nouvel espoir », le sauveur qui résoudra leurs problèmes. Nous sommes alors, devant une  dépendance massive à dépendre des politiciens. Une préférence pour voter au lieu d’agir et de se battre pour changer l’ordre des choses. Une déception de soi qui préfère renoncer à réfléchir, et faire ce que fait la majorité: rêver que tout va changer, voter «pour le moins pire». Les gens recherchent un placebo: ils savent que de nombreux politiciens volent, sont corrompus, mais comme ils sont dans leur zone de confort, ils préfèrent voter pour ceux qui semblent dire à haute voix ce que les gens pensent tout bas; Ou pour ceux qui « voleront un peu moins », car durant leur mandat, ils ne feront rien ou pas grand-chose. En votant les gens sentent qu’ils font quelque chose, mais en réalité ils savent que leur vote sera gaspillé, car les riches imposeront ce qu’ils veulent. Bien sûr, on nous objectera que de moins en moins de gens votent mais ce n’est pas pour autant que la délégation de pouvoir recule. L’activisme peut remplacer le militantisme, le fait pour une majorité de personnes d’avoir besoin d’un médium est récurrent.

Mais quels que soient les politiciens qui gagnent, tout le peuple perd aux élections.  Une élection, c’est la dictature des minorités sur les majorités. Les dirigeants sont contrôlés par l’élite bourgeoise. Comme le disait Ricardo Flores Magón en 1916:… « Tous les gouvernements ne sont rien d’autre que les chiens de garde des intérêts de la classe capitaliste,…», ils ne peuvent pas changer le monde et ils ne le feront pas ; changer l’exploitation de tout un peuple et mettre fin à l’injustice et à la tyrannie en remportant les élections est donc illusoire.

Donc peu importe pour qui vous votez, tant que nous ne nous battons pas pour changer le système capitaliste. Peu importe à qui vous déléguez le pouvoir, tant que vous soutenez les relations de pouvoir instituées et défendez les hiérarchies. La tromperie de «l’espoir» n’a pas d’importance, car la dépendance à l’espoir ne prendra fin que lorsque les gens cesseront d’attendre quelque chose des politiciens. Ces parasites qui vivent toujours de nos impôts et ne produisent que des promesses. Les politiciens ne contribuent en rien à la société, ils ne vivent que du travail de chacun. Et ce n’est pas en envoyant des ouvriers à l’Assemblée ou au Sénat que les choses évolueront favorablement pour le commun des mortels.

Les politiciens gèrent ou font gérer des sommes incroyables pour se légitimer et gagner le soutien du peuple, alors que de plus en plus de personnes vivent dans la misère. C’est indécent. La classe politique a réussi à corrompre tout le pays, quelles que soient les couleurs des partis. Que d’argent gaspillé lors des élections. Ils continueront ainsi sous réserve que les travailleurs disent stop.

Pour tout ce qui précède, nous vous invitons à arrêter la dépendance au « faux espoir» et à lutter contre le capitalisme, sous toutes ses formes, dans toutes ses relations de pouvoir. Ne votez plus, vous feriez mieux de vous rebeller. Nous sommes le nombre, nous pouvons faire beaucoup de choses: annuler l’effet d’un vote, faire campagne contre les élections, lutter pour des améliorations salariales, retirer leurs salaires et subventions aux politiciens et à leurs partis. Changer le système capitaliste. Ce ne sera pas facile et cela ne se fera pas de sitôt. Mais si nous semons les graines de la rébellion, les libertés naîtront pour tous et toutes.

Il existe cependant un espoir autre, un véritable espoir, celui d’une société basée sur l’entraide, la liberté, l’égalité économique et sociale. En bref l’Espoir de l’anarchisme. Alors, on s’y met !

Tiwi (Groupe Libertaire Jules Durand- GLJD)

le Libertaire Novembre 2020