le libertaire de Mars 2017

Mirbeau4

Il existe deux manières de comprendre le mot politique. La première et la plus répandue définit la politique comme un système de rapports de pouvoir géré de façon plus ou moins professionnelle par des gens qui s’y sont spécialisés, les soi-disant «hommes politiques». Ils se chargent de prendre des décisions qui concernent directement ou indirectement la vie de chacun d’entre nous et ils administrent ces décisions au moyen des structures gouvernementales et bureaucratiques.
Ces «hommes politiques» et leur «politique» sont habituellement considérés avec un certain mépris par les gens ordinaires. Ils accèdent le plus souvent au pouvoir à travers des entités nommées «partis», c’est-à-dire des bureaucraties fortement structurées
qui affirment «représenter» les gens, comme si une seule personne en «représentait» beaucoup d’autres, considérées comme de simples «électeurs».
En traduisant une vieille notion religieuse dans le langage de la politique, on les appelle des élus et ils forment en ce sens une véritable élite hiérarchique.
Quiconque prétend parler au nom des gens n’est pas les gens. Lorsqu’ils affirment qu’ils sont leurs représentants, ils se placent eux-mêmes en-dehors de ceux-ci. Souvent, ce sont des spéculateurs, des représentants des grandes entreprises, des classes
patronales et de lobbies en tout genre.
Souvent aussi, ce sont des personnages très dangereux, parce qu’ils se conduisent de façon immorale, malhonnête et élitiste, en utilisant les média et en répandant des faveurs et des ressources financières pour établir un consensus public autour de décisions
parfois répugnantes et en trahissant habituellement leurs engagements programmatiques au «service» des gens.

Le libertaire Mars 2017

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