Le libertaire de Janvier 2022

Nettotage (2)

Lorsque les gouvernements en place, de gauche comme de droite, recherchent la paix sociale, euphémisme pour la domestication temporaire des masses, ils font toujours appel à la négociation avec ce qu’ils appellent  les «partenaires sociaux », un sac dans lequel ils mettent aussi bien les syndicats que le patronat, quand ce n’est pas les associations d’usagers, des associations professionnelles ou d’autres institutions, ou directement à des lobbyistes financiers et spéculatifs. De cette façon, ils essaient de nous vendre la fausse neutralité du gouvernement (et de l’État) vis-à-vis des conflits de classes économiques et sociaux, alors que la réalité est que les élites politiques mangent presque toujours dans les mains de ceux qui détiennent le pouvoir économique de la société : les très rares qui vivent du travail des autres.

Pour les libertaires, les véritables et seuls agents sociaux ne peuvent être que les groupes et collectifs de la société civile soucieux du bien-être social des personnes exploitées, opprimées ou démunies. Par exemple, celles qui luttent contre les expulsions, pour un logement décent, contre la précarité énergétique, pour l’élargissement et l’extension des droits sociaux, pour les soins primaires et la santé centrés sur les personnes et non sur le profit, contre l’enseignement privé subventionné, pour une école publique émancipatrice qui privilégie la diversité et l’esprit critique, pour un écologisme social construit par le bas et contre les entreprises énergétiques, qui postule une production et une consommation locales, qui défendent et luttent pour l’égalité dans les soins, pour le féminisme de classe, contre les multiples écarts salariaux et les multiples formes de violence subies par les femmes… Toutes les initiatives communautaires qui travaillent horizontalement pour améliorer les conditions de vie des travailleurs sont de solides candidats au dialogue pour la transformation sociale. Ainsi, une longue liste de luttes, d’espaces autogérés, d’auto-organisations exigeantes, sont les véritables agents sociaux et moteurs de prise de conscience et de changement.

Nous ne sommes pas convaincus par des lois qui adoucissent les inégalités ou adoucissent les conflits latents, ou prétendent tourner la page des vrais conflits. Nous prenons les acquis mais voulons toujours aller au-delà de ce qui est possible, sans perdre de vue les besoins les plus intimes du peuple.

Nous savons  que nous sommes une goutte de rébellion dans un océan turbulent, mais nous voulons être davantage de gouttes, teignant les eaux sombres en rouge et noir.

Nous contribuons à l’émancipation sociale ; ce qui nous définit et ce pour quoi nous luttons : l’autonomie et la solidarité. Autonomie pour la réalisation auto-organisée des actions, autonomie pour le développement maximal des capacités de chacun, autonomie pour rejeter toute tentative de manipulation, autonomie pour pouvoir se tromper et même apprendre de nos erreurs. Et la solidarité, indispensable pour pouvoir étendre l’autonomie dans les luttes, dans les espaces autogérés, dans les conflits de classe, dans les manières de parler et d’agir. La solidarité nous rend forts, nous encourage et nous réconforte, nous finance et nous fournit des ressources, nous articule comme une organisation qui pratique la démocratie directe.

L’intelligence, c’est de la sensibilité cristallisée et seule l’éthique de la liberté nous titille et nous émeut. Nous combattons donc contre le capitalisme dominant, l’autoritarisme, le conservatisme et le patriarcat.

 

« Dérivé du principe politique d’autogestion, l’anarchisme propose une pratique éducative autogérée, dans laquelle le contrôle de l’éducation est de la responsabilité des individus d’une école ou d’un groupe éducatif. L’autogestion pédagogique comporte plusieurs aspects : la capacité de construire des espaces éducatifs (écoles, athénées, etc.) par des centres anarchistes avec leurs propres moyens ; l’auto-organisation des études par le groupe, composé à la fois d’étudiants et d’enseignants ; et l’autogestion de l’apprentissage par les efforts des étudiants, par des techniques d’auto-enseignement et de recherche et le travail de groupe. Les espaces éducatifs libertaires doivent être autonomes et indépendants, ne pas dépendre des subventions ou du contrôle de l’État, et avec leurs propres enseignants. »

Francisco José Cuevas Noa

« L’éducation est un art et une pratique pour rendre les gens libres. »

Josefa Martin Luengo

le Libertaire Janvier 2022 (1)

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