Les trois scissions d’Hercule

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Rien n’est joué pour le projet « Hercule » qui prévoit la scission d’EDF en trois entités. L’une, EDF, s’occuperait des centrales nucléaires, et resterait une entreprise publique. La deuxième, EDF, serait, elle, cotée en bourse, et veillerait à la distribution d’électricité et aux énergies renouvelables. La troisième prendrait en charge les activités hydrauliques, dont les barrages hydroélectriques.

On connaît la chanson avec l’Etat : on privatise les profits et on nationalise les risques ou plutôt les pertes. Combien de fois nous a-t-on fait le coup. D’autant que l’ouverture du marché à différents opérateurs devait alléger à l’origine les factures d’électricité des usagers grâce à la concurrence. Dans les faits, les factures ont augmenté de manière conséquente, bien plus que l’augmentation des salaires.

On est bien loin de la socialisation des entreprises demandée par les anarchistes…Les énergies renouvelables seront ouvertes aux investissements privés avec de juteux profits à la clef, tandis que les domaines exigeant des investissements lourds comme le nucléaire resteront à la charge du public. Quand on connaît le coût d’un EPR et qu’on sait pertinemment que les vieilles centrales nucléaires vont nécessiter des coûts de démantèlement exorbitants, les cochons de payeurs n’ont pas fini de cracher au bassinet. On nous prend vraiment pour des gogos.

Pour nous autres libertaires, nous savons que contrôler l’énergie, c’est contrôler la population et la soumettre. C’est pourquoi il y a toujours eu de si bonnes relations entre la classe politique, les gouvernements et les grandes entreprises  qui gèrent ce marché.

Un système très complexe sème la confusion chez les consommateurs et les désarme face à toute critique ou protestation, en les gardant dans l’ignorance, en arguant surtout du fait qu’il nous faut assurer notre indépendance énergétique. D’où l’obligation d’avoir recours au nucléaire qui représente aujourd’hui 70% de l’électricité fournie. Rien n’est formulé sur le manque d’anticipation des investissements qui auraient dû être faits il y a 50 ans pour éviter notre dépendance…au nucléaire.

Mais, fort heureusement, la situation suscite chez les syndicats et la population des protestations et même des actions directes contre les projets en cours. Hercule n’est pas encore passé d’autant que la commission européenne n’a pas encore donné son aval.

L’énergie est un bien essentiel pour les êtres humains et ne peut pas être entre les mains d’intérêts privés. C’est pourquoi nous devons nous mobiliser pour faire face au pouvoir politique et économique qui cherche à condamner la population à  payer l’électricité avec une hausse des tarifs plus importante qu’à ce jour.

Le désordre et le chaos engendrés par le système étatiste-capitaliste sont insupportables. C’est  le peuple qui doit prendre  possession des moyens de production (notamment ceux de l’énergie) pour les gérer directement, sans léser personne. Mais pour cela, nous avons besoin de ce que nous proposons toujours, la révolution sociale. Une révolution qui élimine un système qui condamne la majorité de la population à la précarité voire à la pauvreté alors que quelques-uns jouissent de la richesse que nous produisons tous. Car c’est nous qui travaillons et personne ne doit décider à notre place.

Dans le monde d’aujourd’hui, les États ont besoin de la guerre pour établir leur domination sur d’autres parties de la planète.  Des pays comme les États-Unis, la France, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne et d’autres, imposent leur domination économique par la force militaire. L’Arabie Saoudite utilise les armes que la France lui a vendues et la population civile au Yémen en fait les frais. La junte militaire en Birmanie réprime les manifestants et tire à balles réelles sur eux. Junte en affaire avec Total, groupe qui s’occupe aussi d’électricité.

D’autre part, le développement de l’industrie nucléaire conduit à une société nucléaire de contrôle et de centralisation ; c’est une menace pour la vie humaine et l’environnement. Les nouvelles technologies (drones, etc.) sont utilisées pour tuer de plus en plus de personnes et pour accroître la surveillance de l’État, y compris le contrôle des frontières de la forteresse Europe contre les migrants d’où qu’ils viennent. De plus, nous laissons aux futures générations, pour des milliers d’années, nos déchets radioactifs. Tchernobyl, Fukushima…ne sont pas des vues de l’esprit mais des réalités.

La recherche pour établir le contrôle d’importants gisements d’uranium, de pétrole ou d’autres matières premières nécessite pour les nations occidentales, la guerre. Celle-ci est intimement liée à la destruction de l’environnement, comme la déforestation de la jungle pendant la guerre du Vietnam ou les énormes dégâts environnementaux lors du bombardement des raffineries pendant la guerre du Golfe. Le besoin d’uranium pour nos centrales nucléaires explique la présence des troupes françaises en Afrique. Tout est imbriqué. Capitalisme, profits, usines d’armement, armées, géopolitique servent les intérêts d’une minorité aux commandes de la société. Quand on évoque la consommation d’électricité, on pense au nucléaire, à l’uranium…donc à l’exploitation de pays tiers, de l’utilisation de l’armée à ces fins…et les problèmes environnementaux à long terme.

La guerre implique aussi le déplacement de populations entières, une émigration forcée et la création de grands camps de réfugiés (Syrie…). Les famines continuent au Darfour. La faim est aussi une arme contre les populations. Les viols de masse sont utilisés comme une arme de terreur et comme un symptôme de la virilité déformée engendrée par le militarisme.

C’est pourquoi, nous nous opposons aussi aujourd’hui au S.N.U., à la tendance à la militarisation de la société et à la guerre. Nous posons la question suivante : est-ce éthique de faire la guerre ? Que peut-on proposer pour résoudre les conflits ? Quelles énergies sont les plus propres et utiles à la vie ?

C’est sur la question de l’éthique libertaire que nous pourrons contrer le capitalisme, éthique accompagnée d’un nécessaire rapport de force.

TI-WI ( GLJD)

 

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