les syndicats financés par nos ennemis (l’État et le patronat)

Oscar Niemeyer

Les anarchistes ont écrit et agi dans différentes circonstances: au grand jour, dans des périodes de « répressions démocratiques », dans la clandestinité/résistance, la censure, et même en prison, mais rarement en quarantaine en raison d’une pandémie, enfermés chez eux alors que nos ennemis s’occupent plus que jamais de leurs intérêts pour les patrons, et de la zémourisation des esprits pour l’extrême droite. Cette situation crée de la nervosité là où toutes sortes d’informations manquent et nous nous sentons de moins en moins en sécurité : contaminations qui explosent, attaques de locaux et de militants (librairie La Plume Noire à Lyon, associations kurdes…). Encore une fois, la classe ouvrière est celle qui subira les conséquences de la pandémie et bien sûr c’est nous qui payons la crise sanitaire et qui paierons encore davantage la crise économique et sociale qui viendra dans la foulée, utilisée comme une excuse et comme effet d’aubaine. Nous n’avons jamais cru que l’État et le capital pour lesquels nous ne sommes que de simples travailleurs, agiraient dans notre intérêt. Nous savons d’autre part que les politiciens et la bourgeoisie ne se sont jamais souciés de notre bien-être, trop focalisés à faire de juteux profits. Alors pourquoi maintenant faire confiance à toute cette engeance ? Comment pouvons-nous faire confiance aux politiciens, de gauche comme de droite, qui ont pris des mesures à plusieurs reprises antisociales et fait des coupes sombres dans nos acquis et notre système de santé? Ce sont des faits et nous espérons que le mouvement libertaire saura être à la hauteur de tous les événements qui ne manqueront pas de se produire après la crise sanitaire du covid 19.

Tout change, tout évolue, dans certains cas en notre faveur mais dans la plupart des cas contre nous. Endormis dans nos foyers devant la télévision ou Netflix, nous pouvons clairement observer que si nous ne nous battons pas, le capitalisme et son système répressif avanceront au pas de charge. Pendant la pandémie, une grande partie de la lutte sociale a été anesthésiée, les protestations des retraités se sont taries, les manifestations des gilets jaunes se sont estompées, les grèves ont perdu en intensité…D’un autre côté, d’autres communautés recherchent des moyens autonomes de luttes pour faire face au virus et continuer à se battre. C’est encourageant de voir qu’il y a des groupes qui s’organisent et montrent leurs dents indépendamment de ce que dit ou impose l’Etat. Nous ne suggérons pas que des mesures ne soient pas prises face à une crise de cette ampleur, mais nous espérons qu’après le troisième confinement, nous parviendrons à comprendre et à voir que seule l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, que les politiciens et les entreprises ont fait passer leurs affaires et intérêts avant. Parce que les affaires sont les affaires comme le disait si bien Octave Mirbeau. Comme toujours, la santé et la vie passent après. Nous avons été contaminés au travail, dans les moyens de transport … On nous a affirmé que les enfants ne contaminaient pas, que les écoles pouvaient restées ouvertes…C’était tout et son contraire dans les médias, même entre médecins.

Nous sommes confrontés à un grand besoin pour les travailleurs de prendre leur vie en main, alors que les joueurs de poker au pouvoir jouent déjà effrontément avec notre santé et notre vie. Il est temps de s’organiser dans les quartiers et les lieux de travail, en assemblées. Il est temps de changer la société.

Aujourd’hui, les syndicats financés par nos ennemis (l’État et le patronat), les politiciens et autres organisations qui, loin d’apporter des améliorations pour le peuple, ont passé des années à œuvrer pour l’appauvrir davantage, essayent de rester dans la course mais sans conviction faute de troupes et de volonté, trop absorbés par le partenariat social. La ligne qui sépare les ennemis du peuple de leurs alliés n’a jamais été aussi diffuse. Si les travailleurs se laissent guider par des politiciens et des syndicats qui jouent le jeu du patronat et des riches, ils sont perdants sur toute la ligne. Soutenir ceux qui mettent fin à leurs libertés, leur dignité, leurs acquis…c’est entrer dans le cercle du pouvoir, des banques, des médias et au bout du compte la répression. D’autant que l’histoire bégaie. Les indices boursiers sont au plus haut, la spéculation prospère et la finance nous conduit à un autre krach…et les contribuables seront mis à contribution pour renflouer les banques dont les traders continueront à jouer au casino boursier.

Nous sommes anarchistes dans un monde qui veut nous laisser dans l’histoire comme porteurs d’une idéologie du chaos ; nous devons alors prendre les devants. Si nous commémorons la Commune de Paris, le 1er mai…, nous devons montrer au monde quelles sont les raisons pour lesquelles les camarades communards, les martyrs de de Chicago ont été assassinés. Ces travailleurs ont été assassinés sur les barricades ou pendus pour avoir défendu une société fondée sur l’égalité et la liberté, voilà pourquoi ils ont été tués. Aujourd’hui, c’est plus subtil et les réactionnaires continuent de le faire avec des méthodes plus déguisées comme la prison, qui fait de vous un mort-vivant. Une société ou un mouvement qui, comme dans la mémoire historique, se concentre sur le fait de parler des morts et non des raisons pour lesquelles ils ont été tués est voué à l’échec. C’est la grande réussite du système, que l’on commémore la geste ouvrière sans idéologie. Si nous ne sommes pas critiques, nous faisons alors ce que font le capitalisme et les patrons: assassiner, manipuler la réalité et bien sûr transformer l’histoire à leur profit.

Les communards ont combattu pour une République sociale et universelle. Les martyrs de Chicago ont combattu pour un emploi, la journée de huit heures… ils ne se battaient pas pour la voiture dernier cri ou avoir davantage de crédits pour consommer ce que la société nous impose par la publicité. Ils ne se sont pas battus pour que la police «s’occupe des rues» pour eux, ou pour que les politiciens décident à leur place et leur mentent; Ils se sont battus pour la révolution sociale, dans l’idée infatigable que la classe ouvrière possède ce qui est produit et décide quoi produire et comment organiser sa vie, sans patrons ni exploiteurs, en communauté et en solidarité, c’est-à-dire dans l’anarchie. Une belle idée à suivre et que nous poursuivrons jusqu’à ce que nous y parvenions. Répandons l’idée et souvenons-nous d’elle avec une vision libertaire des luttes. Ce sont les gouvernements et les grands hommes d’affaires qui exploitent et volent les gens et les font se soulever. Ce sont les situations de besoin qui créent des révolutions, ou du moins jusqu’à présent elles l’ont été. Alors notre heure arrivera bientôt. Préparons-nous à ce qui va arriver.

Partager cet article