Les libertaires sont dans l’action extra-parlementaire.

EZLN

Abstentionnisme

Position de principe anarchiste, l’abstentionnisme électoral est la conséquence logique de la définition même de l’an-archie et de son opposition à la politique. Celle-ci  installe et s’efforce de maintenir, de fixer un « ordre » qui ne saurait être qu’un désordre, puisqu’il donne à certains individus le « droit » de gouverner les autres, donc des « droits » sur eux. L’anarchiste n’est pas a-politique (il ne nie pas la réalité politique), il est antipolitique (il est contre le pouvoir politique).

Toute délégation de pouvoir étant un périlleux abandon de la souveraineté individuelle (et le suffrage universel « jeu bourgeois par excellence ») l’abstentionnisme n’est certes pas une façon de recouvrer cette souveraineté, mais une manifestation de réprobation à l’égard de l’escroquerie qu’est, en soi, le suffrage. L’abstention, c’est la Révolution, écrivait James Guillaume. Il n’est pas absolument évident que l’abstention volontaire des masses productives rendrait impossible l’exercice de tout pouvoir politique, mais elle signifierait une telle prise de conscience des masses que le changement des structures de la société n’aurait jamais été aussi imminent. C’est surtout par ce second terme que l’équation de James Guillaume s’équilibre.

Et en 2022 ?

A chaque nouveau scrutin, l’abstention progresse. Le premier tour des élections législatives a vu un taux de 52,5% d’abstention. C’est énorme. Mais, nous pensons qu’avec 80% d’abstention, le système continuerait à fonctionner. Ce n’est pas tant le taux d’abstention qui importe que le taux de mobilisation contre le gouvernement (grève générale, gilets jaunes…). Ce dernier taux serait bien plus pertinent pour un changement radical de société. On entend de plus en plus de gens dire qu’il ne faut pas prendre les abstentionnistes pour des imbéciles, qu’on peut faire avancer les choses en dehors du vote. Que les députés ne représentent pas le peuple mais les intérêts de leur parti…Le suffrage universel est la contre-révolution disait Proudhon. Le système « représentatif », loin d’être une garantie pour le peuple, crée et garantit, au contraire, l’existence permanente d’une aristocratie gouvernementale contre le peuple, et le suffrage universel n’est qu’un moyen excellent pour opprimer et pour ruiner un peuple au nom même et sous le prétexte d’une prétendue volonté populaire ou encore un tour de passe-passe grâce auquel se cache le pouvoir réellement despotique de l’Etat, fondé sur la banque, la police et l’armée (Bakounine). Les libertaires sont donc dans l’action extra-parlementaire.

Pour le deuxième tour des élections législatives du 19 juin 2022, les anarchistes se détourneront une nouvelle fois de la voie parlementaire, celle si chère à Mélenchon et la Nupes, cette coalition opportuniste qui nous conduit tout droit aux compromissions avec le parlementarisme que nous dénonçons. Pendant ce temps, le Rassemblement National continue à faire fructifier son officine clanique. Chaque voix engrangée lui rapporte (ainsi qu’aux autres), un euro et 64 centimes. Sans compter les ressources liées au nombre de députés, au groupe parlementaire…un véritable buisness, ces élections. Voilà aussi pourquoi, on nous appelle tant à voter.

Que dire aussi de ceux et celles chez LREM qui aspirent à la députation. Les De Montchalain qui prétendent que ceux qui se présentent sous l’étiquette Nupes sont des anarchistes d’extrême gauche. Quelle bêtise, quelle inculture, que de mensonges éhontés. Cette Roxana Maracineanu qui appelle à un «front républicain» contre une femme de ménage, Rachel Keke…Cette politique est nauséabonde. Ce sont les mêmes qui après se plaignent que la politique se dévitalise. Sans compter ceux qui ont pignon sur rue et qui expliquent que si l’on parle du réchauffement climatique, c’est pour faire voter Nupes.

Et l’on nous dit après que les abstentionnistes n’ont aucune connaissance et sont les bêtas de service. Sérieux, les parlementaires?

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