Les grandes grèves de SAINT-NAZAIRE et NANTES

Debout les travailleurs !

Après la Libération, quatre grandes grèves marquent profondément la vie sociale de la IVème République. La première à l’automne 1947 part de Marseille, se généralise et devient insurrectionnelle. Mal terminée en décembre, elle couve jusqu’en 1948. Alors éclate chez les mineurs un conflit très dur qui entraîne la mort de plusieurs hommes et l’occupation des mines par l’armée. La troisième, moins connue, est surtout le fait des
cheminots et des fonctionnaires (PTT, EDF, GDF, etc.). Au mois d’août 1953, elle paralyse totalement la France en vacances et tourne à la crise gouvernementale. La quatrième et dernière est aussi une grève d’été plus violente que celle de 1953, mais plus localisée. Elle touche surtout Nantes et Saint-Nazaire et les autres chantiers navals de
France ainsi que les métallos de l’Est de juin à septembre 1955.
Saint-Nazaire 1955. Depuis dix ans, l’inflation galope. Les salaires courent après les prix sans jamais les rattraper.
L’énorme effort de reconstruction fourni par les travailleurs/euses commence à porter ses fruits : le chiffre d’affaires des banques dépasse celui d’avant-guerre. Les grandes entreprises investissent et tournent à plein rendement. Les barrages sortent de terre, les voies ferrées sont électrifiées. Dans les chantiers navals, la concentration se poursuit et M. Fould contrôle 60% des constructions après le rachat des chantiers de la Loire par
Penhoët. La France est une immense ruche où l’on travaille très dur. Pourtant, chez les ouvrierEs et les petitEs paysanNEs, le malaise grandit car le fruit de cet énorme effort échappe à ses auteurs. Une minorité s’engraisse, tandis que la majorité laborieuse vit chichement.

Grves_de_Nantes_et_St_Nazaire_1955

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