Pour les anarchistes, il s’agit d’organiser, pas de gouverner

Criseclime

Il y a des guerres bruyantes, comme celle d’Ukraine, et nous finirons par les oublier un jour. Il y en a d’autres, cependant, qui ne refusent pas d’être si silencieuses dans les médias, qui sont si profondément ignorants. Cependant, ils nourrissent aussi des bêtes belliqueuses car leur progéniture ne meurt ni sur le front ni dans les tranchées. Mais il y a une guerre quotidienne, et nous ne pouvons pas l’ignorer, car elle nous affecte au plus haut point, c’est la guerre de classes. Les conditions de vie de base de la majorité se détériorent, tandis que celles d’une minorité s’améliorent.

Nous luttons pour l’obtention du pain quotidien et pour l’abolition des privilèges. Nous voulons  traiter aussi  des conflits de ceux et celles qui subissent l’oppression. Nous ne voulons pas nous plonger dans des guerres qui volent le toit, le sommeil, les rêves et le pain de ceux qui ne décident de rien contrairement à ceux qui vendent des armes. Nous n’avons pas besoin d’une guerre pour faire avancer la guerre de classes, pour ceux qui ne jouiront jamais des privilèges que le drapeau victorieux distribuera. Toute  guerre est finalement un business et une abomination.

Nous ne pouvons revendiquer un autre monde qu’en luttant fermement et solidement contre cette absurdité et cette injustice insupportables qu’est une guerre ; avec un dénominateur commun dans notre lutte, une seule volonté et une seule arme utile : la liberté collective, l’entraide et la justice pour les travailleurs.

Nous, anarchistes, analysons la situation actuelle avec science et raison, avec le prisme fixé sur l’Idée de liberté et d’égalité réelle des êtres humains et de la société. Avec Science, éthique (morale anarchiste) et anarchie : science et raison comme méthode de connaissance ; l’éthique comme moyen de comportement, d’entraide et facteur positif d’évolution ; et, l’anarchie, en tant qu’organisation économique et sociale (communisme libertaire et économie anarchiste).

L’anarchisme est avant tout une Idée. Une idée qui surgit individuellement contre un état de choses qui entre en conflit avec les aspirations et les besoins individuels et sociaux. Plus tard, les Idées individuelles deviennent collectives et sociales, elles se renforcent et s’organisent, elles ressentent le besoin de transformation sociale. L’anarchisme devient un mouvement social organisé avec une Idéologie des choses et des êtres humains : le désir et la volonté de transformation sociale font de l’anarchisme une Idéologie dans toute son ampleur. Avec leurs propres idées sur tous les domaines de la vie individuelle et collective, sur la nature et l’univers. L’anarchisme, en plus d’une Idée, devient une Action individuelle et sociale organisée. Nous avons ainsi la théorie et la pratique de l’anarchisme.

Pour l’anarchisme, l’origine de tous les problèmes et injustices sociales réside dans le pouvoir, dans l’autorité, dans la violence, dans la religion, dans le gouvernement des êtres humains. Les classes sociales, l’exploitation économique, la propriété privée des moyens de production, l’injustice sociale et économique, l’ignorance et l’inculture sont les produits du pouvoir et de l’autorité. Le pouvoir, l’autorité et la violence précèdent le capitalisme et la propriété des moyens de production.

La grande aspiration de l’anarchisme est la liberté et l’égalité réelle de l’individu et de la société, sous tous ses aspects. Avec ces deux principes, l’anarchisme construit son projet social organisationnel et la manière de le réaliser.

 

Le projet politique, économique, social, culturel et éthique de l’anarchisme est le communisme libertaire, très bien défini: une organisation sociale sans État, sans pouvoir, sans autorité, sans gouvernement, sans armée, sans capitalisme, sans propriété privée des moyens de production, sans classes sociales, sans religion, sans églises, sans bureaucraties, avec une organisation autogérée dans toutes les sphères de la vie, et une réelle liberté économique et sociale et une égalité fondée sur l’équité : l’égalité économique et sociale, l’économie anarchiste.

Le projet politique, économique et social de l’anarchisme est le suivant : il s’agit d’organiser, pas de gouverner : Fédéralisme et société contre l’État. Il s’agit de gérer, pas d’exploiter : l’économie contre le capitalisme. Il s’agit de savoir, pas de tromper : la science et la raison contre la religion et les autres dogmes. L’anarchisme est rationnel et non dogmatique mais repose sur des invariants comme le fédéralisme, l’action directe, la gestion directe…

L’économie anarchiste est la seule doctrine économique mise au service de l’ensemble de la société dans une réelle égalité économique et sociale, sans propriété capitaliste ou étatique, avec propriété sociale des moyens de production, avec une répartition juste et équitable des richesses et du travail, sans classes sociales, avec identité d’intérêts. La consommation entraîne la production. Où chacun contribue selon ses possibilités et reçoit selon ses besoins.

L’anarchisme concentre son projet politique, économique, social, écologique, culturel et éthique sur la classe ouvrière, en tant que classe sociale dominée et exploitée par le capitalisme, l’État et la religion. Pour l’anarchisme, la classe ouvrière est celle qui a la capacité politique de transformer la société d’aujourd’hui, car c’est la classe sociale qui subit les injustices du capitalisme et de l’État. Nous pourrions même parler de la capacité des classes ouvrières.

L’anarchisme réalise son projet politique, économique, social, culturel et éthique à travers la cohérence des moyens et des fins. Par une organisation anti-autoritaire, fédéraliste et autogérée, par le syndicat, par l’anarcho-syndicalisme : union du syndicalisme ouvrier et des idées anarchistes. La capacité politique réside dans la classe ouvrière organisée dans le syndicat, et les idées de transformation résident dans l’anarchisme. Parallèlement, il convient de marcher sur ses deux jambes, les communes étant les plus à même de s’occuper des services publics. Il est toujours utile d’avoir un contrepoids aux syndicats, c’est une question d’équilibre.

L’anarcho-syndicalisme représente la fusion des meilleurs idéaux sociaux et éthiques : le monde du travail et le monde de l’anarchie. L’union doit être utile et pratique, améliorer nos conditions de vie ici et maintenant dans tous les aspects : économique, matériel, social, intellectuel, culturel et éthique. Il représente la préfiguration de la société du futur et pose les bases de l’organisation économique de l’économie anarchiste et du communisme libertaire. Il met en pratique la cohérence des moyens et des fins en décidant en Assemblée, au niveau fédéral, en agissant par action directe et en pratiquant la solidarité dans toute son extension. Ici et maintenant : la construction anarchiste.

Ti Wi (GLJD)

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