Lectures anarchistes classiques

Artebay®Flavio-Costantini__Paris-19-january-1898

Deux ans se sont écoulés depuis le jour où, de l’avis des feuilles les plus bourgeoises et qui avaient le plus violemment réclamé une impitoyable répression, Paris et la France apprirent avec une satisfaction marquée, l’acquittement de tous ceux qui avaient comparu dans le Procès des Trente, sous l’inculpation d’affiliation à une association de malfaiteurs. Depuis, l’apaisement s’est graduellement opéré. Cette haine sauvage qui secouait alors les pleutres et les cuistres sitôt qu’était prononcé devant eux le mot « anarchiste » a fait place peu à peu à une réprobation tout aussi profonde peutêtre, de la part de ces gens-là, mais moins féroce ; réprobation qui ne ferme pas complètement la porte à la discussion et chacun sent que les jours sont proches où l’anarchisme, conception philosophique et sociale de la plus haute allure et de la plus rigide exactitude, fera l’objet des controverses toujours passionnées mais de plus en plus sérieuses des penseurs, des savants, des écrivains, des orateurs. Aujourd’hui qu’un calme relatif a remplacé dans les esprits le bouillonnement de naguère, que la peur et la férocité ont fait place à la saine raison, que les plumitifs à gages ont cessé de diriger contre les hommes et les choses de l’Anarchie le feu convergent de leurs basses injures, il est utile de faire revivre avec la plus scrupuleuse impartialité les personnages et l’action mouvementée de cette tragi-comédie. Certains faits de l’histoire s’estompent à distance. D’autres empruntent au temps qui fuit une couleur plus vive… Le Procès des Trente est un de ces derniers. De lui, on a dit qu’il est désormais historique. Je …

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