L’Anarchie organisée

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L’anarchie est un mot qui signifie sans gouvernement ce qui ne veut pas dire que les anarchistes ne sont pas organisés. Ils le sont de bas en haut et selon les principes du fédéralisme libertaire. La référence principale est que dans l’anarchie, personne n’est opprimée ni exploitée. Tout le reste découle de cette orientation concernant l’anarchie.

L’anarchie possède une critique de la domination, qu’elle s’exerce de la manière la plus diverse : économique, politique, sociale, culturelle, environnementale, sexuelle, religieuse, etc. Cette critique se construit au quotidien, sous forme de pratiques d’autogestion sociale, d’actions collectives et individuelles directes et de décentralisation de toutes les pratiques politiques. La politique étant comprise comme non politicienne.

Autrement dit, l’autogestion est la pratique consistant à impliquer les gens dans la gestion directe de la société dans tous ses aspects existentiels et à rendre l’État inutile.

L’action collective directe, soit par une personne, soit par un groupe de personnes, est l’étape consistant à prendre son propre rôle dans la vie et à ne pas le donner aux autres. C’est donc un refus de la délégation de pouvoir.

La décentralisation des pratiques politiques est une conséquence de l’autogestion, car avec plus de participation sociale des individus, nous n’avons plus  besoin de partis politiques et de l’État, qui sont des structures de pouvoir et de contrôle social.

Quand  les gens se rendent compte de l’importance de ne pas opprimer ou de ne pas être opprimé, de ne pas exploiter ou de ne pas être exploité, une multitude de possibilités de relations individuelles et structurelles se forment. Toutes les luttes sont importantes pour ceux et celles qui y participent.

Par exemple, il existe des organisations fortement liées à la question de la libération animale et des adeptes du véganisme; tandis que d’autres sont engagés dans l’émancipation des travailleurs; il y a ceux qui militent dans tout ce qui concerne l’homosexualité et les questions de genre; et il y a d’innombrables personnes qui se battent contre le racisme, pour la libération de la femme, contre le mal logement, pour la régularisation des sans-papiers… Ce sont des exemples de luttes distinctes qui ont un grand potentiel anarchique et peuvent, dans la mesure du possible, s’appuyer sur le processus d’émancipation qu’elles mènent toutes. Mais l’anarchie ne peut être réduite à ces luttes ou considérer que l’une d’entre elles est plus importante que les autres, car elles sont toutes des fronts de l’action sociale et doivent être traitées avec le respect qui leur est dû.

Il est à noter dans l’histoire de l’anarchisme,  que les principes anarchistes ne sont pas immuables mais changent, se corrigent, s’améliorent, maintiennent toujours une autocritique honnête. N’est-ce pas là les principes communs de l’émancipation humaine ? Tenir compte des progrès scientifiques, sociologiques, matériels…L’évolution du numérique, des moyens de militer, de la technologie, du changement climatique, des rapports au travail salarié ou ubérisé…nous amènent à modifier nos stratégies et nos comportements. Notre journal le libertaire n’indique-t-il pas en manchette que les anarchistes veulent instaurer un milieu social assurant à chaque individu le maximum de bien-être et de liberté adéquat à chaque époque.

Les principes anarchistes issus d’une dynamique particulière assimilée par les différents groupes libertaires qui mettent en pratique  les idées anarchiques s’opposent aux courants des diverses tendances idéologiques oppressives qui constituent la société et cherchent à soumettre les individus à leurs valeurs et discours, créant une vision continue pour la conservation de la société oppressive elle-même.

La pensée libertaire, comme toute pensée, a ses limites. Cependant nos actions visent à briser les chaînes de la servitude et appellent à réfléchir et soumettre à la rationalité ce qui relève du  sacré ou de pseudo-vérités scientifiques et les dogmes qui peuplent la société.

Par conséquent, une analyse de la pensée anarchiste nécessite une compréhension des principes éthiques des milieux anarchistes, de sorte qu’une analyse la plus complète possible de notre pensée soit engagée dans l’acquisition de connaissances qui permettent directement l’action dans le mouvement social.

Il est également essentiel que la pensée libertaire soit maintenue vivante, vibrante et saine par sa relation avec la société.

Une non-pratique  des conceptions, des pensées et des doctrines au cœur de la société, implique leur sclérose et leur aliénation.

Micka (GLJD)

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