L’anarchie n’est qu’une grandiose synthèse de différentes expressions anarchistes

En avant la CNT

L’anarchie nie, c’est-à-dire refuse les instincts néfastes. Elle tend à faire disparaître le pire, le laid, le mal, l’injuste, le nuisible, le douloureux. Ici, nous avons à faire aux principes négatifs. Si on les appelle aussi destructeurs, c’est parce que l’individu et la société sont construits sur les tendances instinctives néfastes qu’il faut démolir.

L’individu vient à l’anarchie par des chemins différents. Sa pensée, son expérience, ses connaissances sont autres que celles de chacun des autres ; de même ne seront pas identiques ses croyances, ses certitudes, son raisonnement et son comportement. Ainsi les anarchistes se rejoignent sur l’ensemble de la philosophie, ils se séparent souvent à propos de l’action à mener.

Quelle diversité d’expression, de conception, de sentiment, de connaissance dans ceux que nous considérons comme les pères de l’anarchie.

Nous y voyons se côtoyer : le théoricien constructeur Proudhon, le bouillant et si divers Bakounine, les sages frères Reclus, le scientifique Kropotkine, le chrétien Tolstoï, le sage cynique Han Ryner etc.

Parmi les vulgarisateurs nous trouvons des camarades aussi différents dans leurs propagandes, leurs agissements et leurs explications que Jean Grave, Malatesta, Louise Michel, Sébastien Faure, Emile Armand, Pierre Besnard, Jeanne Humbert, Berneri, Voline…Pour une liste plus exhaustive, se référer au livre de Proudhon à David Graeber dont le journal libertaire se fait l’écho tous les mois.

Il ne peut être question de classer sous l’étiquette anarchiste les disciples de l’un des personnages précités car, dans ce cas, ils seraient seulement des Proudhoniens, Bakouninistes…L’anarchie fait automatiquement siennes toutes les pensées et études faites sur l’homme son comportement social qui reconnaissent l’animalité de l’homme, sa perfectibilité, son besoin de liberté, la personnalité intégrale de chaque être depuis sa naissance jusqu’à sa mort et qui rejettent comme néfastes, rétrogrades et nuisibles toutes les contraintes morales, spirituelles ou physiques. A ce titre, il ne saurait être question d’avaliser toutes les positions d’esprit de nos précurseurs, par exemple le point de vue de Proudhon sur la femme.

L’anarchie n’est qu’une grandiose synthèse de différentes expressions anarchistes. Le temps et les hommes ont cousu chaque expression l’une à l’autre comme une couturière ferait un manteau d’Arlequin ou un marbrier une mosaïque, et si de tout temps chacune des expressions n’a pas été et n’est toujours pas entièrement valable chacune d’elles est et reste inséparable des autres. Qu’une synthèse nette, clarifiée, limpide soit souhaitable, qu’elle soit possible, c’est une question que seul le temps résoudra et d’autant plus vite que les différents acteurs de la pensée anarchiste seront non plus théoriquement mais pratiquement solidaires les uns des autres.

La pensée anarchiste, tout en étant multiforme, a donc des fondations solides et bien cimentées entre elles.

L’anarchie, c’est la vie, toute la vie, individuelle, sociale, économique, écologique, humaine.

L’anarchie ne peut pas être uniforme, pas plus qu’elle ne peut pénétrer ni socialement ni individuellement par une seule brèche. Aucun courant, aucune position ou tendance, etc. n’est bon en soi s’il est seul, il n’est valable d’autant qu’il est complété, vivifié, brassé par et à d’autres courants libertaires.

A suivre

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