L’anarchie, en tant qu’organisation économique et sociale (communisme libertaire)

Revolution

Selon les données de l’ONU, on peut estimer qu’il y a actuellement environ 8 milliards de personnes dans le monde. Et dans ce monde, c’est là que l’anarchisme opère, c’est notre réalité, on y vit. Théorie et pratique de l’anarchisme, idées et actions, s’inscrivent dans le réel et non le virtuel. Les idées d’abord, l’idéologie anarchiste. Sans Idées, sans Idéologie qui configure une vision des individus, des sociétés, de la nature et de l’Univers dans son ensemble, il n’est pas possible d’agir dans cette société, encore moins d’essayer de se transformer vers n’importe quelle destination, n’importe quel but.

C’est précisément cette vision des choses que nous allons configurer comme vision du monde qui détermine ce que nous appelons les idéologies. Ces idéologies sont celles qui ont donné naissance à des formations politiques, religieuses, économiques, sociales, syndicales, militaires, culturelles et éthiques; et aux différentes formes d’organisation dans leurs domaines respectifs. Et bien sûr, chacun avec ses différentes manières d’analyser, d’interpréter, d’expliquer et de résoudre les problèmes de l’humanité dans son ensemble.

L’anarchisme est avant tout une idée. Et cela devient un mouvement social organisé avec une idéologie des choses et des êtres humains pour un autre futur.

Anarchistes, nous analyserons la situation actuelle avec la science et la raison, avec le prisme placé sur l’Idée de liberté et l’égalité réelle des êtres humains et de la société. Avec la science, l’éthique (morale anarchiste) et l’anarchie: la science et la raison comme méthode de connaissance; l’éthique comme moyen de comportement, d’entraide et de facteur positif d’évolution; et, l’anarchie, en tant qu’organisation économique et sociale (communisme libertaire et économie anarchiste).

L’anarchisme est avant tout une idée, avons-nous dit. Une idée qui surgit individuellement contre un état de fait qui entre en conflit avec les aspirations et les besoins individuels et sociaux. Plus tard, les Idées individuelles deviennent collectives et sociales, elles gagnent en force et s’organisent, elles ressentent le besoin de transformation sociale. L’anarchisme devient alors un mouvement social organisé avec une idéologie des choses et des êtres humains: le désir et la volonté de transformation sociale font de l’anarchisme une idéologie dans toute son ampleur. Avec ses propres idées dans tous les domaines de la vie individuelle et collective, sur la nature et l’univers. L’anarchisme, en plus d’une Idée, devient une Action individuelle et sociale organisée. Nous avons déjà la théorie et la pratique de l’anarchisme.

Pour l’anarchisme, l’origine de tous les problèmes sociaux et injustices réside dans le pouvoir, dans l’autorité, dans la violence, dans la religion, dans le gouvernement des êtres humains. Les classes sociales, l’exploitation économique, la propriété privée des moyens de production, les injustices sociales et économiques, l’ignorance sont le produit du pouvoir, de la domination et de l’autorité. Le pouvoir, l’autorité et la violence sont antérieurs au capitalisme et à la propriété des moyens de production.

La grande aspiration de l’anarchisme est la liberté et l’égalité réelle de l’individu et de la société, sous tous ses aspects. Avec ces deux principes, l’anarchisme construit son projet social organisationnel et la manière de le réaliser.

 

C’est la simple analyse de l’anarchisme: liberté et égalité réelle pour tous et dans tous les domaines de la vie individuelle et collective. Ce qui entraîne la justice économique et sociale, la disparition de la propriété privée dans les moyens de production, l’élimination des classes sociales. Et, la mise en œuvre de la vraie liberté, en tant que capacité de décision d’un être humain dans tous les aspects de sa vie; la réalisation de la souveraineté individuelle, en tant que capacité de la personne à penser, décider et agir pour elle-même; et l’indépendance économique, comme possibilité de satisfaire les besoins matériels sans agir à l’encontre de notre éthique.

Le projet politique, économique, social, culturel et éthique de l’anarchisme est le communisme libertaire, très bien défini par la CNT espagnole lors de son quatrième congrès de Saragosse en mai 1936, sur la base des travaux d’Isaac Puente « El Comunismo Libertario » en 1935, et qui a servi de base au grand travail constructif de la révolution sociale des collectifs libertaires en Espagne: une organisation sociale sans État, sans pouvoir, sans autorité, sans gouvernement, sans armée, sans capitalisme, sans propriété privée des médias, de la production, sans classes sociales, sans religion, sans églises, sans bureaucraties, avec une organisation autogérée dans tous les domaines de la vie, et une réelle liberté et égalité économique et sociale basée sur l’équité: l’économie anarchiste.

Mais le communisme-anarchiste avait aussi été bien défini à la fin du XIXème siècle par Kropotkine et les militants anarchistes à partir de 1880, en France, par exemple.

Le projet politique, économique et social de l’anarchisme est le suivant: Il s’agit d’organiser, non de gouverner: le fédéralisme et la société contre l’État. Il s’agit de gérer, pas d’exploiter: économie contre capitalisme. Il s’agit de savoir, non de tromper: Science et raison contre religion et autres dogmes.

L’économie anarchiste est la seule doctrine économique au service de l’ensemble de la société dans une véritable égalité économique et sociale, sans capitalistes ou étatistes, avec propriété sociale des moyens de production, avec une juste et égale répartition des richesses, sans classes sociales, avec identité d’intérêts. La consommation conduit à la production. Où chacun contribue selon ses possibilités et reçoit selon ses besoins.

L’anarchisme centre son projet politique, économique, social, culturel et éthique sur la classe ouvrière, en tant que classe sociale dominée et exploitée par le capitalisme, l’État et la religion. Pour l’anarchisme, la classe ouvrière est celle qui a la capacité politique de transformer la société d’aujourd’hui, car c’est la classe sociale qui souffre des injustices du capitalisme et de l’État.

L’anarchisme réalise son projet politique, économique, social, culturel et éthique à travers la cohérence des moyens et des fins. Par une organisation anti-autoritaire, fédéraliste et autogérée, par le syndicat, par l’anarcho-syndicalisme et par les communes: union du syndicalisme ouvrier et des idées anarchistes. La capacité politique réside dans la classe ouvrière organisée dans le syndicat et les communes, et les idées de transformation résident dans l’anarchisme.

Le communisme libertaire représente la fusion des meilleurs idéaux sociaux et éthiques: le monde du travail et le monde de l’anarchie. L’union doit être utile et pratique, améliorer nos conditions de vie ici et maintenant dans tous les aspects: économique, matériel, social, intellectuel, culturel et éthique. Il représente la préfiguration de la société du futur, il jette les bases de l’organisation économique de l’économie anarchiste. Elle met en pratique la cohérence des moyens et des fins en décidant en Assemblée Générale, au niveau fédéral, en agissant par action directe et en pratiquant la solidarité dans toute son extension ; ici et maintenant, la presse anarchiste véhiculant les idées libertaires. Sans moyen de communication agile, actuel et intelligent pour la diffusion des idées anarchistes, les allers retour idées, mise en pratique, retour sur l’idélogie anarchiste, auront du mal à prévaloir dans un monde qui change et se peuple de plus en plus rapidement.

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