L’alternative sociale et libertaire a toujours été au coeur de nos discours et actions

Cercle

Le dernier gouvernement Macron sent à la fois le réchauffé et un certain autoritarisme en vue. Sans compter qu’il faut savoir lire entre les lignes. Macron soigne les proches d’Edouard Philippe qui en dernier ressort jouera les rabatteurs à droite pour le gouvernement. Firmin Le Bodo et Béchu entrent au gouvernement. Ce dernier hérite du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Vaste programme pour un inconnu de la cause écologique d’autant que son ministère jusqu’à présent à la cinquième place dans l’ordre protocolaire, comme c’était le cas avec Barbara Pompili, se trouve rétrogradé à la dixième place. Ce n’est pas forcément un bon signal pour la lutte contre le réchauffement climatique. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur voit son périmètre d’intervention s’étendre aux Outre-mer. Pas sûr que cette approche sécuritaire de l’Outre-mer soit appréciée par les premiers concernés. Ce remaniement ministériel a aussi livré une surprise de taille avec un partage de compétence inédit entre le Ministère de l’Education Nationale et les ministères du Travail et des Armées. C’est une bien mauvaise nouvelle pour les personnels et surtout pour la jeunesse que Macron rêve précarisée et docile. Le rattachement du secrétariat d’État à la Jeunesse au ministère des Armées vise à finaliser la généralisation du Service National Universel (SNU inclus dans le portefeuille). Ce dispositif, pour l’instant basé sur le volontariat, représente un coût estimé à 1,5 milliards/an, et le SNU devrait devenir obligatoire pour l’ensemble des lycéens et lycéennes en 2024, sauf mobilisation importante de ces derniers. Dans un contexte mondial de plus en plus guerrier, cette remilitarisation progressive de la jeunesse n’est pas anodine et doit être combattue fermement. Il convient au plus grand nombre de résister ensemble à l’embrigadement et à la militarisation de la jeunesse et de la société, d’autant que les crédits alloués au budget militaire vont s’envoler. Ce gouvernement pléthorique va nous coûter cher et risque de s’allier à la droite pour faire passer ses réformes antisociales telles celle des retraites. Mélenchon, en espérant une dissolution de l’Assemblée nationale à terme, fait une erreur d’appréciation donc une erreur stratégique. Une dissolution ne profiterait qu’au Rassemblement National qui attend en embuscade. Certes 54% des électeurs se sont abstenus aux dernières législatives, d’autres à hauteur de 7,5% ont voté blanc ou nul, et de nombreux autres ne sont pas inscrits sur les listes électorales notamment les jeunes. Est-ce à dire que les abstentionnistes représentent une réserve de voix pour la NUPES. Pas si sûr, de nombreux abstentionnistes pourraient être tentés par le R.N. Bien sûr, les députés ne représentent pas grand-chose. Le bloc majoritaire macroniste (Renaissance, Modem et Horizons) représente 16,7% des inscrits, les autres partis encore moins… Leur démocratie est à bout de souffle mais la dérive autoritaire n’est pas loin. D’ailleurs, la dédiabolisation du R.N. s’est transformée en notabilisation par l’élection de Chenu et Hélène Laporte élus le 29 juin dernier aux postes de vice-présidents de l’Assemblée nationale. Le loup est dans la bergerie et la situation politique devient toujours plus favorable aux amis de Marine Le Pen.

Ce deuxième gouvernement Borne intervient dans un contexte économique en tension. La guerre en Ukraine s’embourbe et on ne sait si Poutine va pousser plus loin son esprit belliqueux. Le pouvoir d’achat s’affaisse notamment pour les retraités et les actifs les plus pauvres. Un rationnement de gaz et d’électricité est possible cet hiver. La pandémie ressurgit avec une septième vague. Les taux augmentent, notamment ceux des banques centrales. Les signaux envoyés vont dans le sens d’une récession ou du moins d’une zone de turbulence.

Pour autant, afin de limiter la casse économique, à défaut d’une révolution, il est toujours possible de taxer les superprofits réalisés pendant la pandémie et aujourd’hui par le jeu de la spéculation. Un autre levier serait d’augmenter les impôts de succession notamment pour les plus riches patrimoines. Pas sûr que la bande à Macron y soit favorable. De l’argent, il y en a dans les poches du patronat. Tant que les travailleurs croiront ceux qui justifient les positions sociales et le système capitaliste, nous resterons dans une société inégalitaire qui hypocritement hyperconsomme en toute bonne conscience. Il n’y a pas de capitalisme responsable, il n’y a qu’un capitalisme prédateur. L’entraide et la gestion directe sont notre seule voie possible pour un autre futur. La gestion des biens et des services ainsi que leur distribution ne peuvent être établis que collectivement et non par une élite. Cela dans le respect des individus et leur liberté.

Patoche (GLJD)

 

A la veille des vacances d’été, nous pensons depuis de nombreuses années à ceux et celles qui ne partent jamais en vacances. On est bien loin des premiers congés payés de 1936 puis des années 1960 où les travailleurs envoyaient en masse leurs enfants en colonie de vacances. Les temps changent. Les militants des Comités d’entreprise vont dorénavant dans le sens de l’individualisation des salariés. Des chèques pour les disques, le cinéma, les voyages en famille (pour les entreprises qui ont le budget)…mais finies dans l’ensemble les colonies de vacances où régnaient globalement une certaine mixité sociale. Aujourd’hui, on organise des colos ou mini-camps selon les classes sociales : thématique du Rap pour les enfants de banlieue et équitation pour les enfants des classes dites supérieures. Avec toutes les variantes possibles et imaginables concernant les thèmes. Pas besoin de confinement, les classes populaires sont assignées à résidence. Alors le loisir vrai et créateur, la lutte contre l’exclusion, tout ça, c’est du pipeau. Cinquante pour cent de la population française ne part pas en vacances et encore nous pourrions ajouter ceux et celles qui ont honte d’avouer qu’ils ne partent pas. Quand on sait qu’il suffit de partir quatre nuits consécutives hors de chez soi pour être considérés comme partis en vacances, on constate que l’on n’est pas prêt de réduire la fracture sociale entre ceux partent et ceux qui restent à la maison, souvent au pied des HLM. Nous autres libertaires, ne sommes pas suffisamment ancrés dans le goût de la rhétorique pour vanter la nostalgie des années soixante. Ainsi, nous ne satisfaisons pas de la situation actuelle et nous essayons à notre mesure de changer l’ordre des choses. Ce n’est pas nouveau pour notre courant de pensée ; l’alternative sociale et libertaire a toujours été au coeur de nos discours et actions. Et depuis les années 1970, s’est greffée l’écologie sociale et libertaire.

Nous allions les revendications d’augmentation de salaire, de sécurité et d’hygiène au travail. Avec une inflation à 6%, des centrales nucléaires ou entreprises Seveso qui peuvent nous péter à la figure d’un instant à l’autre, tous les combats s’enchevêtrent. Mais ce n’est pas avec une inflation galopante et les salaires bloqués que les enfants des travailleurs pourront partir davantage en vacances. Il est temps que tous les enfants puissent changer d’air et partir au moins deux semaines en dehors de chez eux.  Ce n’est pas une priorité pour les politiciens, pour nous c’en est une.

Patoche

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