L’Affaire Durand: stéréotypes contre les anarchistes

GrandquaiLH

L’AFFAIRE DURAND

L’affaire Durand passionne toujours les milieux socialistes et révolutionnaires.

Sous les auspices du groupe des étudiants socialistes, un meeting a eu lieu hier soie, aux Sociétés savantes.

MM. Lagardelle et Lafont prononcèrent de brefs discours ; puis, M. Renaudel, refit l’historique de la grève tragique des charbonniers du Havre.

Il lut plusieurs pièces du procès et termina en donnant lecture d’une lettre de M. Léon Meyer, conseiller général radical de la Seine-Inférieure, et qui, favorable à Durand, souleva une émotion considérable dans la salle.

MM. Jouhaux, secrétaire de la C.G.T., Sembat, député et de Pressensé, invitèrent les ouvriers et les intellectuels à agir vigoureusement pour sauver Durand.

M. Colfy, député, qui termina la série des discours, fit un vibrant appel animé d’un souffle républicain ardent, pour que les ouvriers veillent sur « leurs libertés syndicales qui sont très menacées, et qu’ils s’apprêtent également à défendre la République elle-même, contre les attaques qui se dessinent dans l’ombre ».

Cette partie de son discours fut interrompue par quelques anarchistes à longs cheveux et en sandales, qui furent promptement expulsés.

Après la lecture de l’ordre du jour, qui résumait les différents discours, la sortie s’effectua sans incident.

Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire du 11 décembre 1910.

Ce stéréotype de l’anarchiste aux cheveux longs et porteur de sandales fera florès. C’est curieux car les orateurs, tel Sébastien Faure, étaient souvent tirés à quatre épingles…

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