Jules Durand/Kotoku : répression au Japon

Lecture libertaire (1)

L’affaire Kotoku.

Tandis qu’en France, le gouvernement japonais, obligé de répondre aux accusations portées contre lui dans les meetings, sur les affiches et dans la presse d’avant-garde, lance cette nouvelle bizarre d’après laquelle « la majorité des inculpés auraient confirmé des aveux », aux Etats-Unis, le gouvernement japonais fait tout ce qu’il peut pour atténuer l’effet déjà produit par l’immense mouvement qui s’est dessiné de l’autre côté de l’Atlantique.

Dans un article de fond de l’Oriental Economic Review, M. Honda affirme « qu’une persécution politique est impossible au Japon ». Or, depuis Juin dernier, 200 socialistes et anarchistes sont enfermés dans les prisons japonaises. Les arrestations en masse ont constitué « un secret d’Etat » que l’on a soigneusement caché, afin que l’étranger n’en sache rien. À côté des persécutions, il y a aussi les tracasseries. C’est ainsi que Katayama, dans son numéro d’Octobre de l’International Socialist Review, se plaint que le 15 Août 1910 le service postal japonais lui a fait aimablement savoir qu’il lui serait interdit de vendre le numéro 70 de son journal. Des exemplaires dudit journal, envoyés par la poste furent confisqués. Furent également confisqués les exemplaires trouvés au domicile de Katayama. De plus, le gouvernement fit enlever la littérature d’avant-garde de toutes les bibliothèques. Un arrêté fut passé interdisant aux instituteurs de lire de la littérature d’idées.

Les temps nouveaux – L’affaire Kotoku

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