Jules Durand: un forfait judiciaire de classe

Jules Durand

Les Obsèques de Louis Dongé

                                                          Le Havre, 14 septembre 1910

 Cet après-midi ont eu lieu, à l’Hospice Général, les obsèques du chef de bordée Louis Dongé, tué dans les circonstances que l’on sait, sur le quai d’Orléans, par des grévistes charbonniers.

Une nombreuse assistance se trouvait groupée derrière le char funèbre. Orné de nombreuses couronnes. Outre celles offertes par la famille. On remarquait les couronnes données par la Ville du Havre, la Compagnie Générale Transatlantique, les camarades du défunt, l’Union anti-révolutionnaire, le Syndicat des négociants en charbon, etc.

Parmi les notabilités présentes : MM. Génestal maire du Havre ; Naudin, sous-préfet ; Ducros, agent principal de la Compagnie générale Transatlantique ; Chancerel, directeur de la compagnie des abeilles ; un grand nombre d’autres directeurs de compagnie de navigation : la majorité des négociants en charbon ; Auguste Vannequé président de l’Union corporative indépendante anti-révolutionnaire ; Ribet,  commissaire central ; Italiani, commissaire spécial du port et du chemin de fer ; Crespin, commissaire de police de la 3ème section ; Henry, chef du service de la sûreté, etc.

 

On remarquait également la présence de la délégation de la Compagnie générale Transatlantique, de la police municipale sous la conduite de M. Sénécal, lieutenant, de la Société corporative des charbonniers du Havre, etc.

Le deuil était conduit par la veuve et MM. Génestal, maire du Havre et Ducros, agent principale de la Compagnie générale transatlantique.

Les obsèques étaient au frais de cette compagnie.

Le service religieux a été célébré à la chapelle de l’hospice, puis l’inhumation eut lieu au cimetière Sainte-Marie.

Aucun discours n’a été prononcé sur la tombe.

Nous constatons que tout le patronat, la police et les responsables des syndicats jaunes sont présents. Les frais d’obsèques ont été réglés par la Cie Gle Transatlantique. Que du beau monde contre le monde ouvrier…

 

 

 

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