Insurgence

Kurdistan

L’on se tromperait sans doute à chercher ici ou là les causes d’un échec qui s’inscrit dans le moment même où les instances cheminotes adoptèrent cette absurde stratégie d’une grève à épisodes, perlée d’incohérence. Il est de peu d’intérêt d’entrer ici dans les raisons qui motivèrent ce choix. Elles tiennent pour l’essentiel à cette idée, elle aussi absurde, que la mobilisation se décrète et s’organise sans lui laisser la moindre chance de se nourrir elle-même de ses propres impulsions et pratiques collectives. Il n’est bien sûr pas dit qu’une grève active, directe et reconductible eût donné d’autres résultats que ceux que l’on connaît, mais il est certain que celle choisie ne pouvait mener que sur une voie de garage. Démotivante, contournable, démobilisante, individualisante, elle res-tera un cas d’école de l’ineptie bureaucratique. Tant qu’on en a la capacité, on ne bloque qu’en bloquant, et sans trêve.
Quiconque assista à une assemblée générale ouverte de grévistes, surtout aux premiers jours du conflit, sait que la méthode fut immédiatement contestée, mais sans volonté assumée ni capacité réelle de débordement des instances. Le fait mérite d’être noté parce qu’il situe, au coeur même du dispositif de blocage cheminot, l’une des caractéristiques de ce printemps apparemment offensif : son attrait certain, mais souvent fantasmatique, pour la perspective d’un dépasse-ment.

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