Il n’y a rien à attendre du Parti Socialiste… ni des autres.

Elections piège à cons

Le socialisme du P.S., sa rhétorique et le changement

Les élections présidentielles et législatives approchent à grands pas. Le Parti socialiste peut-il nous apporter le changement ? Nous ne résistons pas au plaisir de vous rééditer un texte paru dans le libertaire N° 30 de 1982 sous le titre « Cherchez le changement » :

« Pour celui qui ne le saurait pas, le 10 mai 1982 est le premier anniversaire de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Comment passer à travers quand tous les médias ne font que nous rabâcher sur tous les tons cette date fatidique, avec enquêtes à l’appui.

Le changement, les Socialistes n’ont que ce mot à la bouche. Il ne suffit pas d’appliquer la méthode Coué pour que la société se transforme. Je veux bien admettre qu’il y a eu quelques mesures prises concernant le S.M.I.C., les pensions, les Allocations familiales, etc., mais on a vite fait de s’apercevoir que tout ce qui est donné d’une main est repris de l’autre par les hausses du coût de la vie. L’indice du mois d’avril ne me démentira pas. D’ailleurs, dans les magasins, c’est la valse des étiquettes. Les dernières mesures concernant la T.V.A. n’amélioreront pas la situation.

En fin de compte, ce sont toujours les mêmes poires, alors que le patronat relève la tête, tout content de l’attention qui lui est prêtée (chômage oblige).

Dernièrement, je me suis accroché à ce sujet avec un militant socialiste : il m’expliquait que le changement ne peut se produire comme cela et qu’on en verra les effets qu’au bout de sept ans. D’autant plus que les patrons sont toujours là. C’est bien le véritable nœud du problème. Il ne faut pas leur faire de la peine, des fois qu’ils envoient leur argent en Suisse (certains n’ont pas attendu).

J’écoutais récemment, Jacques Delors, ministre de l’Economie, sur Antenne 2, disant en gros qu’il voulait redonner confiance aux Français, en leur montrant qu’ils ne vont pas travailler seulement pour gagner de l’argent, mais pour faire quelque chose. Tout son discours tournait autour d’une même logique : en fait, nous sommes tous solidaires, nous travaillons pour la même cause. Ouvriers, patrons, même combat. Quand on connaît la trajectoire de ce ministre socialiste, on n’est pas étonné par la défense d’une vieille théorie défendue par l’Eglise.

Où est le changement dans tout cela ? Il s’agit tout simplement de nous faire passer la pilule avec un discours de gauche. Ce sont toujours les mêmes qui payent et qui sont exploités. Le changement ne viendra pas d’en haut, c’est à nous de le provoquer d’en bas, en prenant nos affaires en mains et en écartant les politicards de tous poils. »

De 1981 à aujourd’hui, nous en avons connu des expériences de gouvernements socialistes. Dans le fond, c’est toujours la même exploitation pour l’ensemble des salariés et des chômeurs. Ce texte écrit un an après « la grande victoire socialiste tant attendue » de Mai 1981 nous confirme que rien n’a changé ou si peu et qu’il est impossible de se fier aux politiciens. Quelle que soit la personne qui sera élue en 2017 à la présidentielle, ce sera le patronat qui sera le gagnant ! Sous réserve que les travailleurs se bougent et se révoltent…

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