Hommage du journal « Le Libertaire » à Cabu

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Cabu, dessinateur de bande dessinée et caricaturiste français naît en 1938 et meurt, lâchement assassiné ainsi qu’une dizaine d’autres personnes, ce mercredi 7 janvier 2015, dans les bureaux de Charlie-Hebdo.

Il fait des études artistiques à Paris (École Estienne) et publie ses premières illustrations en 1954 dans l’Union de Reims, quotidien régional.

Après son service militaire en Algérie, en 1960, « il dessine toujours dans différents journaux, dont l’Enragé, publication éphémère ne publiant que des caricatures. Il entre ensuite à Hara-Kiri, créé par Cavanna et Bernier (le professeur Choron), où il trouve une ambiance qui correspond à ses idées et d’autres dessinateurs de talent : Gébé, Fred, Wolinski, Reiser… ». Il collabore aussi au magazine Pilote à partir de 1962. C’est là qu’il crée son personnage fétiche Le Grand Duduche, lycéen lymphatique et maladroit inspiré par ses souvenirs d’étudiant au lycée Pierre Bayen de Châlons, et celle du « Beauf ». Il collabore à Hara-Kiri hebdo, puis après l’interdiction de celui-ci en 1970, à Charlie Hebdo à raison de deux pages par semaine.

Il rencontre un grand succès après 1968 et publie de nombreux albums. Il oriente alors son art vers la caricature politique en dessinant pour le nouveau Charlie Hebdo à partir de 1992, et pour Le Canard enchaîné.

Cabu a aussi travaillé épisodiquement pour de nombreux magazines et journaux français.

Cabu était antimilitariste et ne manquait jamais de se moquer des militaires en les caricaturant, en leur faisant des gueules pas possibles. Dans le cadre des Forces libres de la Paix, du temps de Maurice Laisant et de Jean-Pierre Jacquinot, Cabu nous avait offert l’illustration d’une belle affiche « Tout pour ma gueule », cette dernière nous ayant occasionné quelques soucis avec l’armée et la justice…

A toi, Cabu, que nous considérions comme un des nôtres, nous t’adressons un dernier hommage ainsi qu’à tes proches.

Les fascistes qui ont frappé aujourd’hui viennent de faire un cadeau magnifique à Marine Le Pen tout comme l’inénarrable Houellebecq pour son livre « Soumission ». Mais toi Cabu, tu étais un insoumis, un drôle plein d’humour et qui savait croquer et dénoncer la connerie. C’est l’humour que les fascistes ne supportent pas.

Quand des assassins s’en prennent à la liberté de penser, d’écrire, de chanter, de dessiner, de peindre, d’écouter de la musique, de discuter…cela fleure bon la dictature.

Pour nous autres, militants libertaires : pas question de se taire. Nous ne tomberons cependant pas dans le piège de l’islamophobie. Le combat contre les islamo-fascistes à Kobanê ou en France sera constant et intransigeant.

Merci Cabu pour le Grand Duduche, celle qui saute au Paf et tant d’autres drôleries. Tu resteras comme un des plus grands dessinateurs de ta génération.(Ci-dessous le portrait de Maurice Laisant qui connaissait bien Cabu)

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