Le Havre: la tambouille politique à gauche pour le deuxième tour des municipales de 2020

Elections piège à cons

La tambouille politique à gauche pour le deuxième tour des municipales de 2020

Au Havre, le 28 juin 2020, le second tour des municipales verra s’opposer l’ancien maire du Havre, actuellement Premier ministre, Édouard Philippe,  qui a obtenu 43,60 % au premier tour le 15 mars à Jean-Paul Lecoq, ancien maire de Gonfreville l’Orcher, député communiste, qui a obtenu un score de 35,88 %.La liste « Le Havre Écologie… » n’a obtenu que 8,28 %. Du coup la tête de liste écolo se retire. Mais Lecoq refuse de fusionner sa liste avec celle des écolos qui avait rassemblé le PS, Place publique, les radicaux de gauche… Le refus de fusionner les listes de gauche, c’est de la tambouille électorale. Le problème pour Lecoq et ses amis, ce n’est pas d’emporter la mairie qui a de forte chance de rester aux mains de la droite d’Edouard Philippe, sauf coup de théâtre. L’enjeu, c’est de laminer toutes les « forces politiques » qui n’ont pas fait allégeance au communiste Lecoq. Les vieilles méthodes ressurgissent d’un passé pas si lointain. Edouard Philippe réélu maire, la seule opposition municipale sera celle de Lecoq. Exit le PS et ses amis écolos. C’est un bon moyen de se positionner pour les futures échéances électorales comme le seul et unique candidat face à la droite, LREM…C’est de la tambouille qui laissera des traces. La droite raille déjà ceux qui entendent rassembler les Havrais alors qu’ils sont incapables de rassembler leur camp.

Voilà un exemple de plus de cette politique politicienne. Les anarchistes n’ont pas attendu les petites disputes entre amis pour prendre leurs distances avec ces pratiques récurrentes de pouvoir. De nombreux articles sur notre site et dans notre journal, le libertaire, expliquent pourquoi nous sommes contre la délégation de pouvoir, donc contre les élections. Qu’on s’entende bien, la disparition du PS au Havre ne nous fait ni chaud ni froid. Nous n’oublions pas par exemple que c’est avec l’aval de la député socialiste Troalic que toutes les écoles d’Harfleur ont été sorties de ZEP. Et ce n’est qu’un triste exemple de ce qu’est devenu le PS. La gauche caviar laissera des traces et nous n’avons pas la mémoire courte. De la même manière, la disparition du Parti communiste de filiation stalinienne ne nous fera pas pleurer.

Parallèlement, nous disons aux camarades qui ont des responsabilités syndicales de ne pas mêler syndicalisme et politique politicienne. L’indépendance syndicale vis-à-vis de tout parti politique doit servir de phare et de pilier de l’action directe. A un syndicaliste qui appelait à voter Mélenchon en indiquant qu’il était du côté des ouvriers, un autre lui rétorquait que Marine Le Pen était aussi du côté des ouvriers ; même si on sait bien que ce n’est pas le cas. Pour autant, n’importe quel politicien peut, le temps d’une élection, se réclamer du camp des travailleurs…Ces derniers ont tout intérêt à défendre eux-mêmes leurs intérêts de classes. En délégant leur voix à des politiciens, ceux-ci défendront leurs intérêts particuliers. Il ne faut jamais oublier que le pouvoir est maudit. Alors au deuxième tour des municipales au Havre, abstention. Laissons les politiciens se déchirer entre eux. Edouard Philippe sera toujours un réactionnaire et Jean-Paul Lecoq, un éternel vassal de son parti. De toutes façons, le résultat de ces élections n’influeront en rien sur la vie quotidienne des travailleurs. Et ce ne sont pas les bouts de peinture tracées à la va-vite sur la chaussée au titre de « pistes cyclables » qui nous feront changer d’avis. Ripoliner la chaussée n’enlève pas le danger. Ripoliner la politique ne change rien à l’exploitation des travailleurs. Agir directement, sans intermédiaire reste la seule option pour changer le monde sans prendre le pouvoir.

Micka (Groupe libertaire Jules Durand)

 

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