Gilets jaunes: pas de place pour la politique politicienne

Misère colère

Le mouvement des gilets se fracture mais cela ne va pas changer fondamentalement  la donne.

Il était prévisible qu’une première vague de trahisons vienne s’échouer sur les rivages de la politique politicienne : Ingrid Levavasseur avec sa liste gilets jaunes aux européennes et madame Mouraud avec la création de son parti « les émergents ». Une deuxième vague de trahisons viendra avec les gilets jaunes qui intégreront les listes des partis traditionnels pour les européennes. Mais cela n’affectera pas la dynamique enclenchée par la diversité du mouvement en cours. Il lui suffit de tenir l’hiver  et là, le printemps risque fort d’être chaud.

Pour l’instant, la plupart des gilets jaunes jonglent  entre leur emploi et vie de famille en semaine puis manifestations le week-end, sans perdre d’argent pour des journées de grève, le plus souvent, sans lendemain. Le gouvernement tente bien de désamorcer la crise mais son débat pipé n’intéresse pas les gilets jaunes qui ont compris que Macron essayait de les endormir. Ils ont aussi compris que le gouvernement jouait la montre, c’est-à-dire le pourrissement de la situation, mais aussi entendait utiliser la violence pour retourner l’opinion publique contre les manifestants. Opinion publique encore majoritairement favorable envers les gilets jaunes ; nous dirions même que l’opinion n’apprécie guère finalement la violence de l’Etat qui gaze, matraque et mutile les manifestants. Castaner se prend dans les mailles du filet. Depuis des années, les manifestations « bon enfant » ne donnent rien ; par contre un mouvement où la violence est présente fait parler de lui d’où l’expression « pas de casseurs, pas de 20heures » qui fleurit sur les murs. Violence d’ailleurs qui sert le pouvoir car elle détourne l’attention du pourquoi les gens manifestent. C’est un dérivatif qui occulte les revendications légitimes des manifestants, ce qui permet d’effectuer un point de fixation sur les séditieux, les factieux, les haineux…panoplie lexicale d’un gouvernement finalement aux abois.

Au début des manifestations, on laisse commettre des dégradations, voire on les encourage pour mieux les dénoncer ultérieurement puis après on montre les muscles et on réprime durement afin de montrer qui tient le manche. Seulement à trop frapper dans la chair des manifestants, l’opinion publique ne peut que se détourner des donneurs d’ordre. Les violences policières arrivent au bout du rouleau à moins de décréter l’Etat d’urgence, le couvre-feu et l’interdiction de manifester. En attendant, Castaner tente l’amalgame entre hooligans des stades de foot et gilets jaunes. L’ancien socialiste n’a plus le sens de la mesure. D’autant que la manifestation de ses alliés « Foulards rouges » n’a pas été une grande réussite même en gonflant les chiffres des participants. La neutralité du ministère de l’Intérieur va encore être écornée. Et c’est tant mieux.

Cependant, il faut compter sur l’opinion publique pour gagner ; la bataille d’une opinion favorable est un gage de victoire, c’est ce qui rend si nerveux les macronistes. Et que dire de ces syndicats de policiers qui n’osent dénoncer les violences de leurs collègues qui utilisent des armes dangereuses (Flash-Ball, LBD, grenades…) contre des manifestants. Que dire aussi de ces confédérations qui se taisent pour ne pas s’aliéner leur syndicat de police, corporatiste comme il se doit. Et l’on s’étonnera que les travailleurs délaissent le mouvement syndical.

En attendant, apprêtons nous à boycotter les élections européennes. N’oublions pas que donner sa voix, c’est perdre la parole !

Giles et John

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