Femmes en lutte

Femmes Kurdes

La reprise de l’activité dans les services non essentiels, le télétravail reconnu comme mesure de conciliation et non comme mesure préventive pour éviter l’exposition à la contagion du covid 19, le peu de mesures de protection dans les centres de travail et la perte d’emploi qui a conduit dans de nombreux cas à la perte de logements, ont frappé avec plus d’intensité les secteurs féminisés et par conséquent les femmes et les familles monoparentales, nous soumettant à l’augmentation de toutes les injustices que nous subissons en tant que femme et classe ouvrière.

Profitant de la pandémie, l’État a créé plus de mesures répressives pour nous. Alors qu’ils nous emprisonnent à l’intérieur de nos maisons, nous condamnant à la surcharge d’assumer tous les soins et paralysant nos vies, ils nous obligent à maintenir le système capitaliste actif grâce au télétravail. Ils violent nos droits conquis (flexibilisation totale des horaires …) donnant ainsi une continuité à l’aspiration éternelle de l’employeur qui peu à peu atteint son objectif: des travailleurs disponibles dans un court laps de temps, sans droits et sans protestations. Parallèlement, ce sont les femmes qui sont montées en première ligne pendant la crise sanitaire: femmes de ménage, aide-soignantes, caissières…des métiers indispensables à la vie contrairement aux emplois de technocrates, bureaucrates, traders…

La date du 8 mars, devenue journée de grève internationale des femmes, est emblématique dans les luttes féministes. Elles sont partout en première ligne pour la lutte en faveur des libertés et contre toutes les dictatures, ainsi en Birmanie, en Biélo-Russie… Elles se mobilisent en nombre en Espagne, Argentine, ou en Pologne pour le droit à l’avortement. Au Chili, les femmes jouent un rôle essentiel dans la réécriture en cours de la Constitution ; au Rojava elles combattent au côté des hommes pour la liberté et l’égalité. Dans les pays en guerre, les femmes paient un lourd tribut. Au Nigeria, de jeunes femmes sont régulièrement enlevées pour servir de monnaie d’échange quand ce n’est pas d’esclaves sexuelles.

Violences sexistes et sexuelles, féminicides, discriminations contre les minorités, moindre représentation des femmes dans la vie politique, paupérisation et dépendance économiques des plus précaires, jeunes migrantes à la rue… Les raisons ne manquent pas de se révolter en France aussi.

En 2020, les écarts de salaires entre hommes et femmes étaient toujours de 19 %. Pourtant, en pleine crise sanitaire, les caissières, les auxiliaires de vie, les assistantes maternelles, les employées d’usine, les enseignantes, les aides-soignantes, les agentes d’entretien se sont révélées bien plus indispensables que leurs supérieurs hiérarchiques, majoritairement des hommes. Les femmes cumulent les temps partiels et des salaires de misère ce qui induit des retraites misérables.

Nommer et rendre visibles les inégalités dont nous souffrons est essentiel pour prendre conscience de cette transformation pour un monde libre et égalitaire.

Une fois de plus, nous, les femmes, nous sommes obligées de nous organiser pour dénoncer les injustices et essayer de combler toutes ces lacunes que la classe politique n’a pas voulu changer. Nous avons nous-mêmes créé des réseaux de soutien pour aider les personnes vulnérables, les femmes qui ont été enfermées avec leur agresseur et tout ce grand secteur féminisé qui fait partie de l’économie souterraine et est oublié par les médias et les États.

L’éducation féministe et l’auto-organisation des femmes sont nos principaux outils.

Nous sommes des anarcho-féministes, nous voulons un nouveau monde, mais pas cette nouvelle normalité.

Par conséquent, nous appelons à la révolution, ensemble, pour détruire la société machiste et hétéropatriarcale qui nous étouffe et qui cherche la désintégration de notre force féministe.

Pour un monde où l’égalité n’est pas une utopie, mais cette réalité que les femmes libres se battent pour construire.

cnt_so_8_mars_2021

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