Elections au Havre: le FN en échec

Politicien (1)

Au Havre : 53% d’abstention ! Bravo les abstentionnistes !

Le maire du Havre est donc élu au premier tour avec 52% des voix. Mais décortiquons un peu ce pourcentage.

En réalité, Monsieur Edouard Philippe a récupéré la moitié de 47% de votants. Et si on ajoute les 3,7% de votes blancs et les non-inscrits sur les listes électorales…Le maire havrais ne représente que 20% des Havrais.

Nous appellerons désormais M. Philippe : « monsieur 20% » !

La droite n’a pas de quoi pavoiser. D’ailleurs a-t-on une légitimité sérieuse quand on ne représente qu’une personne sur cinq ? Le bon sens indique que non.

Illégitime donc le maire du Havre !

Et la gauche ?

Quand on entend le PS se plaindre et dire que leur éviction est de la faute des abstentionnistes, c’est se dédouaner à bon compte et faire l’autruche.

Les socialistes ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Tout d’abord les luttes fratricides entre Galap et Logiou ont laissé des séquelles. Ensuite, le fait de se présenter dans la désunion la plus totale avec le PC contre la droite a représenté un lourd handicap pour la gauche. Les querelles d’egos, de concurrence partidaire…les abstentionnistes n’en portent aucune responsabilité. Sans compter la défiance des travailleurs vis-à-vis d’un exécutif au plus bas dans les sondages.

On peut même féliciter les abstentionnistes car ils ont limité le score de nuisance du FN.

Une plus forte participation dans les quartiers populaires ne se serait pas forcément traduite par un vote pour la gauche mais probablement pour l’extrême droite. La gauche divisée a donc échappé à un duel UMP-FN au deuxième tour, c’était une équation plus que possible.

Avec 13% de 47% de participants pour le FN, c’est la Bérézina pour l’extrême droite.

Les socialistes ont la tête dans le guidon et ne prennent pas le temps de réfléchir. Pire ils mentent aux électeurs. Pourquoi ? C’est bien simple, des politiciens comme Hamon, Le Foll…ont bien indiqué au soir du premier tour des élections municipales que le gouvernement avait bien reçu le message de mécontentement des électeurs. Pourtant Sapin et compagnie ont dit clairement que l’Etat continuerait à chercher 50 milliards pour réduire les déficits et que deux ou trois tours d’élection ne changerait rien à la politique de rigueur du gouvernement.

Donc, c’est bien clair : le message est passé mais rien ne changera.

Pour nous autres libertaires, que les partis politiques se cassent la figure, ce n’est pas grave du tout. Par contre que ces mêmes partis continuent à entraîner dans leur chute et leurs divisions le syndicalisme, seule arme efficace des travailleurs, cela augure mal de l’avenir car les politiciens de gauche sabordent le seul outil qui vaille pour la défense des travailleurs. Aux salariés de réfléchir. Nous pourrions ajouter le côté pathogène des militants, c’est un sujet sur lequel nous reviendrons.

 

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