Education prioritaire ?

On y va

Education prioritaire ?

Le gouvernement impopulaire de Hollande, le libéral démocrate, tout à la botte des patrons entend faire des économies dans la fonction publique afin de contenter le patronat dans le cadre des pactes de responsabilité/compétitivité.

50 milliards d’économie à prendre sur le dos des fonctionnaires au détriment des services publics pour transférer ces économies aux séides de Gattaz.

Les fonctionnaires dont le point d’indice est déjà gelé depuis 4 ans se voient à nouveau montrer du doigt en tant que nantis et se retrouvent avec une nouvelle épée de Damoclès au-dessus de leur tête : va-t-on leur bloquer aussi tout avancement d’échelon et de promotion ? Un ballon d’essai selon certains, une préparation des esprits selon d’autres. D’ailleurs en France, on est quand même mieux lotis qu’en Grèce, Espagne…où les salaires des fonctionnaires ont baissé de façon drastique.

L’inénarrable Peillon a dû monter au créneau pour contrer certaines rumeurs…mais il n’y a pas de fumée sans feu…

Du côté des Zones d’Education Prioritaire, ce même individu est en train de réaliser des économies sur le dos des écoles défavorisées en instaurant uniquement 350 REP + en France. On ne sait toujours pas à ce jour aussi quelles ZEP vont sortir de l’actuel dispositif. Le gouvernement annonce une fourchette de 5 à 10% de sorties de ZEP…

Dans une commune comme Harfleur en Seine-Maritime par exemple, à municipalité communiste, si une sortie de ZEP était envisagée cela se traduirait au final par :

-          La perte du statut REP pour un collège, 3 écoles élémentaires et 4 maternelles en septembre 2014 avec comme corollaire des suppressions de postes et des effectifs pléthoriques dans les classes;

-          La perte du Contrat Educatif Local signifiant ainsi la fin de bon nombre d’activités périscolaires pour les enfants… Les établissements scolaires avaient déjà été touchés en juin dernier par le licenciement de plusieurs postes d’Assistants d’Education…

En bref, aucune avancée pour les enfants et les enseignants et une dégradation des conditions d’enseignement assurée avec perte de stabilité d’équipes enseignantes à terme.

Les socialistes pourraient être fiers alors de leur bilan. Une nouvelle fois, le PS préparerait un boulevard électoral pour le FN !

Aucune remise en cause de leur politique. Des effets d’annonce désastreux car une refondation de l’école prioritaire devrait normalement se décliner en moyens supplémentaires mesurés en terme de classes à effectif réduit, du personnel supplémentaire, des moyens financiers pour faire vivre les projets des équipes….

L’Etat tend à faire porter la responsabilité de l’échec scolaire sur les familles et les enseignants mais pas un mot sur les problèmes sociaux qui s’aggravent cruellement : chômage, pertes de repères, incivilités, détresse des différents acteurs de terrain…

Peillon en restreignant les zones Eclair pour ne garder que 350 REP+ se coule dans les chaussons de Nicolas Sarkozy qui avait fait miroiter aux fonctionnaires et notamment aux enseignants une équation perdante perdante : moins d’enseignants mais nettement mieux payés et considérés. Mais voilà, le bilan de cette politique est, à défaut d’être mensonger, calamiteux…Des dizaines de milliers d’emplois ont disparu mais les enseignants attendent toujours les hausses de salaires…Promesses pour nigauds que tout cela ! De celles qui n’engagent que ceux qui y croient…

La refondation de l’éducation prioritaire c’est de même le bal des hypocrites.

Comment feront les Dasen pour contraindre à la mixité sociale alors que tout un tas de quartiers sont ghettoïsés et en difficultés sociales ? Non mixité qui arrange bien certaines classes sociales…et fait les beaux jours de l’école privée.

Comment l’Etat va-t-il resserrer la différence de crédits alloués entre communes riches et communes pauvres ? Les finances des écoles varient de 1 à 10 selon les communes. Vous avez dit équité et éducation nationale ?

Dans le journal « Le Monde », d’éminents spécialistes en neurosciences distillent leurs constats ; ainsi les ¾ des enseignants de Cours préparatoire en ZEP utiliseraient un manuel de lecture inapproprié. Mais cet éminent chercheur n’indique nullement quels sont les bons manuels selon lui…ni comment d’ailleurs les écoles peuvent se payer des manuels scolaires car ces spécialistes n’ont aucune réalité du terrain où trop souvent les enseignants travaillent avec leur bite et leur couteau ! Car les écoles sont les parents pauvres de l’Education ! On ne le redira jamais assez.

Un autre chercheur, sociologue de son état,  donne le nom d’un livre de lecture qui, employé toujours au CP donnerait un score de 20 % supérieur à ceux qui n’utiliseraient pas ce manuel scolaire… Tout est asséné en l’état, brut de décoffrage : on prend ou on laisse mais que de culpabilité pour les enseignants qui risquent de délaisser les CP pour des niveaux de classe moins en ligne de mire…

La parole politique donnée est rarement suivie d’effet ; les recherches avancées concourent souvent  à conforter l’idéologie pédagogique du moment…En y ajoutant les intérêts éditoriaux de certains, on voit que la confiance des éducateurs de terrain est loin d’être acquise, les enseignants ayant été échaudés plus d’une fois.

Contre-vérités, dispositifs en trompe l’œil, logique de méritocratie…sont les mamelles de l’ancien responsable de la Ligue de l’Enseignement de la Somme.

Mais rassurez-vous, les antennes de l’ex-galaxie F.E.N. relaient le discours ministériel que ce soit sur les nouveaux rythmes scolaires ou la loi de refondation…

Aux parents et aux enseignants de répertorier les expériences émancipatrices qui marchent ou d’inventer de nouveaux espaces de liberté éducative.

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