Edouard Philippe, l’embrouille!

Pas d'argent pour la santé

Décidément le gouvernement Philippe-Macron nous prend pour des cons!  Le ni gauche ni droite, sauce LREM, nous propose le retrait « provisoire » de « l’âge pivot ». C’est une manœuvre grossière pour mieux nous faire avaler la pilule et faire passer en force leur projet de retraites par points. Semblant céder à la CFDT et à l’Unsa, syndicats toujours prêts à se rendre utiles au pouvoir, Edouard Philippe nous joue la comédie de la division d’un front syndical qui n’a existé que dans ses rêves ou ceux des médias, chiens de garde du capital. D’ailleurs la CFDT ne représente pas grand-chose sur le plan de la mobilisation et quasiment rien en nombre de manifestants. Ce premier syndicat de France est un syndicat de votards et de pantouflards. On les voit rarement en nombre dans la rue.

Après 40 jours de grèves et de contestation, la ficelle Philippe est un peu grosse. Le mouvement contre la réforme des retraites est toujours soutenu par une part importante de la population. Fait important, il n’y a pas eu de trêve sociale à Noël, c’est un signe des temps, celui de la contestation ; Il y a donc un lien certain entre les Gilets jaunes et cette révolte sociale qui continue. Puis la mobilisation a repris le 9 janvier 2020 sur le plan interprofessionnel. Depuis le début du conflit, nous avions anticipé la trahison de la CFDT, coutumière du fait. Nous ne sommes donc pas surpris de son attitude. L’histoire de l’âge pivot, c’est un os à ronger et cela permet de nous enfumer sur l’enjeu réel de la retraite par points. Les députés LREM et LR, ventriloques du gouvernement, défendent un projet ultra-libéral. Nous devons à tout prix les contraindre à reconnaître le rejet massif de cette réforme par une majorité de travailleurs, obtenir le retrait total du projet et surtout obtenir de nouveaux droits!

La grève générale a certes du mal à prendre, et la grève par procuration semble perdurer via les cheminots et les traminots. Pourtant il est nécessaire et vital pour la suite du mouvement de renforcer la mobilisation en cours en relayant les secteurs les plus en pointe comme les transports, les dockers, les raffineries… Le « Tous ensemble » ne doit pas être qu’un slogan.

Dans le public comme le privé, participons massivement aux actions en cours. Multiplions les initiatives de luttes : blocages de l’économie, occupations, rassemblements et manifestations. Des actions populaires se déroulent en plus des journées de grève : barrages filtrants avec gratuité pour les usagers des ponts de Tancarville et de Normandie, arrosage de la mairie du Havre par les pompiers, invitation surprise de manifestants aux vœux du maire avec dégustation de champagne…une vraie maison commune. Le maire boutiniste, successeur de Lemonnier (celui qui envoyait des photos de lui, à poil, à des dames…), lui-même successeur d’Edouard Philippe…a porté plainte. Les manifestants s’en souviendront.

La bataille des retraites est stratégique pour toutes les catégories de salariés. Poursuivons-la tous et toutes dans l’unité… pour la gagner !

La retraite à point c’est la baisse des pensions ! Ce sont des inégalités renforcées, le cheval de Troie des fonds de pension…

Avec un calcul sur l’ensemble de la vie professionnelle (au lieu des 25 meilleures années dans le privé ou les 6 derniers mois dans le public), la baisse des pensions sera drastique.

La fixation de la valeur d’un point est un leurre d’autant que Macron et Philippe ne seront plus dans le paysage politique dans trente ans ou imputeront leurs fautes à d’autres. Les politiciens maîtrisent la rhétorique. Plus concernées par les temps partiels et les interruptions de carrière, avec des salaires plus bas, les femmes seront désavantagées par un système basé sur une accumulation de points via les salaires de toute une vie professionnelle. Le gouvernement met en avant la bonification de 5% par enfant mais cela ne comblera pas les écarts de pensions entre hommes et femmes et de plus, les femmes à hauts revenus, à nombre d’enfants égal, seront gagnantes. L’équité du gouvernement, c’est du pipeau. Les retraites Macron c’est travailler plus longtemps pour toucher moins!

Nous allons vers une forte compression du niveau des pensions et il sera impossible de savoir à l’avance ni l’âge de départ à la retraite ni le montant exact de la pension. D’autant que nous ne pouvons prédire l’avenir économique du monde bien troublé ces temps-ci.

Pour les fonctionnaires qui voient le point d’indice gelé actuellement et les bas salaires en vigueur en début de carrière, cette réforme devrait les effrayer. Pour les salariés du secteur privé, les futurs retraités verront de même leurs pensions diminuer et les salariés à petit salaire viendront grossir les rangs actuels des retraités pauvres. Les gains de productivité sont raptés par le patronat et l’évolution de cette dernière s’est accompagnée de mutations des CSP. Des métiers et des pans entiers de l’industrie disparaissent ayant pour corollaire la création de nouveaux métiers. Mais les gains ne sont pas partagés et le nombre de chômeurs est toujours important et leurs droits de plus en plus rognés.

Avec cette réforme des retraites comme celle récente de l’assurance chômage et la politique de baisse du salaire brut (salaire socialisé) c’est tout notre système de protection sociale qui passe à la moulinette de la casse sociale.

L’emploi : moins de chômeurs, de précaires et parallèlement davantage de services et emplois publics, ce sont des cotisations supplémentaires pour équilibrer les comptes. Il est temps de mieux partager le travail et les richesses.

 

Le soi-disant déficit cumulé du régime de retraite serait de 17 milliards en 2025… Mais si on met en parallèle tous les milliards qui ont été octroyés au patronat dont le fameux CICE, on voit clairement l’orientation libérale donnée par le gouvernement. Sans compter les milliards donnés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 et non investis dans les entreprises.

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons. C’est nous qui travaillons alors toutes les richesses doivent nous revenir.

C’est pas le moment de lâcher ! Le gouvernement fait donner sa police contre les manifestants mais plus personne ne soutient les exactions policières et ses violences. L’utilisation de la force est la faiblesse des gouvernants, ça sent la fin de règne.

Patoche ( GLJD)

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