Continuez comme cela, Monsieur Macron

Policeparis

Continuez comme cela, Monsieur Macron

Vous avez été alerté de la situation sociale depuis le mois de mai 2017 par certains gilets jaunes. Un grand silence répondit. Le 17 novembre, la mobilisation des gilets jaunes est forte : plus de 300 000 manifestants en France. Mais à toujours vouloir garder le cap, vous avez tardé à parler et vous avez  répondu à la marge aux attentes des gilets jaunes. Après avoir attaqué les retraités, vous les avez une nouvelle fois roulés dans la farine en continuant de désindexer les retraites de l’inflation. Vous avez fait un geste pour la CSG des petites retraites, c’est-à-dire qu’après les mobilisations, nous n’avez même pas accepté de revenir au système qui prévalait avant votre élection. C’est une erreur politique majeure  que de s’attaquer aux retraités et vous allez le payer au prix fort.

Autre erreur politique, vous choisissez d’utiliser les forces répressives de l’Etat pour provoquer et frapper durement les manifestants. Bilan : des centaines de blessés ou de mutilés et des milliers d’arrestations. Vous n’avez rien à envier aux gouvernements autoritaires à qui vous donnez tant de leçons de démocratie. Et vous allez légiférer pour porter atteinte au droit de manifester. Votre police fiche les militants et compte ficher maintenant tous les manifestants. Vous allez frapper au porte-monnaie ceux et celles qui ne déclarent pas les manifestations en préfecture. Vous ne valez guère mieux que Madame Le Pen.

Mais les Français ne sont pas idiots. Ils voient bien que les médias à vos ordres surexposent les quelques violences de manifestants contre la police mais on ne voit que rarement les personnes mutilées grâce à vos flash-Ball. On voit par ailleurs un motard sortir son pistolet mais on ne voit pas celui-ci accompagné de deux de ses collègues qui balancent juste avant des grenades de désencerclement contre des manifestants pacifiques. Quand on est provoqué, gazé, frappé à chaque manifestation, il ne faut pas s’étonner de la réaction épidermique de certains manifestants.

Vous comptez par ce biais manipuler l’opinion publique pour la retourner à votre avantage. Vos résultats économiques ne sont pas là ! Malgré vos promesses électorales. Vous êtes finalement aussi incompétent que vos prédécesseurs socialistes ou de droite. Depuis Jacques Chirac qui affirmait résoudre le problème de la fracture sociale, rien ne s’est passé et à chaque nouveau président les Français se sont retrouvés dans l’engrenage de la pression fiscale sauf qu’avec vous, les nantis s’en sortent toujours mieux et les petits trinquent.

Plus vous réprimez, plus vous révoltez les gens. Votre police a humilié les lycéens de Mantes-la-Jolie, votre police tire si bien sur la corde qu’elle va se rompre. Finalement, vous formez les futurs révolutionnaires de demain et nous vous disons : continuez comme cela, Monsieur Macron…

Le capitalisme, tout comme le capitalisme d’Etat de feu l’URSS, est fondé sur l’inégalité entre ceux qui en profitent et ceux qui triment ou qui chôment pour remplir les poches des patrons, des actionnaires et de leurs larbins.

Les politiciens de droite et de gauche qui alternent  depuis des dizaines d’années n’ont pour but que d’adapter les lois pour que les profits de quelques- uns augmentent prodigieusement en maintenant dans la misère ou le juste-survivre, le plus grand nombre. Les capitalistes préfèrent donc taxer les plus nombreux, les plus pauvres, pour que la caste des profiteurs s’en mettent plein les poches.

On ne peut pas négocier avec le pouvoir tant que les travailleurs n’ont pas de rapports de force en leur faveur. Les exemples du Front Populaire, de Mai 68…sont là pour corroborer nos dires. Mais en allant plus en avant, nous savons très bien que tant qu’on ne changera pas de système, les riches seront plus riches et les pauvres plus pauvres. On peut améliorer le système quand on dispose d’un rapport de force mais on sait que le patronat aidé de l’Etat, son bras armé, essaiera dans les années qui suivent de récupérer ce qu’ils ont lâché sous la contrainte. Si l’on veut changer le système, il faudra aller plus loin que le rapport de force traditionnel pour échafauder un autre futur, dans la liberté.

En attendant, la seule réponse à ceux et celles qui luttent contre les reculs sociaux (retraites, lois travail, etc.), la casse des services publics ou l’augmentation des taxes en tous genres,  c’est le passage en force, le gazage, le matraquage et pour ceux qui se font prendre, la prison. Les caméras vidéos surveillance de Big Brother sont davantage présentes pour arrêter ceux qui se rebellent contre la police que pour la protection du citoyen lambda.

Lacrymo et Flash-Ball sont les deux mamelles du gouvernement. D’ailleurs Edouard Philippe n’a rien à envier aux staliniens qui prétendaient faire le bonheur du peuple malgré lui. En théorie, il est là pour réparer la France…De fait, il est là pour la matraquer et sucer le monde du travail jusqu’à la moelle.

Ils ne veulent rien lâcher, le profit c’est leur mantra.

L’aggravation des inégalités sociales et économiques est devenue insupportable et les fins de mois difficiles ont fait exploser la colère, une colère contenue depuis de nombreuses années.

Le rejet des « politiques » et des syndicats qui sont tenus pour responsables de la situation actuelle est une des caractéristiques fortes du mouvement des gilets jaunes. Quoique le rapprochement avec les syndiqués de base s’effectuera ; c’est un mariage de raison obligatoire si l’on veut gagner et être plus nombreux.

Partis politiques mais aussi citoyens qui délèguent, élection après élection, la gestion de la société aux « zélus » portent aussi leur part de responsabilité dans l’état actuel de la situation sociale: en se cantonnant à réclamer aux politiciens un service qui réponde mieux à leurs attentes, en déléguant leur pouvoir, ils se condamnent à rester des sujets impuissants et manipulés.

Dans de nombreux pays d’Europe et dans le monde, l’extrême-droite exulte et ses leaders se présentent comme des médiums et des sauveurs alors qu’ils ne sont que des gardiens encore plus féroces du capital. L’extrême droite qui manipule les réseaux sociaux est un dangereux leurre pour nos libertés et nos acquis. Les libertaires désirent que les gens prennent leurs affaires en main et sont contre la délégation de pouvoir. C’est à chacun de se bouger, de réclamer et faire des propositions.

Il n’y a rien à espérer de la part des politiciens de gauche, de droite et d’extrême droite. Ils nous font la morale et nous rendent responsables du marasme dans lequel on se trouve, aidé en cela par les patrons, les banquiers et les technos complètement déconnectés du réel des gens.

Alors, la Révolution, oui, plutôt que la résignation. Mais une Révolution pour un meilleur bien-être pour tous et toutes,  et la liberté.

Patoche ( Groupe libertaire Jules Durand)

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