Combattre l’hydre d’extrême droite

Métallo

La droite extrême grandit en audience

Les apprentis sorciers, genre Wauquiez, tombent dans les chausse-trappes de l’extrême droite en France. La lepénisation des esprits ne date pas d’aujourd’hui mais elle prend de l’ampleur grâce à un travail puissant sur la toile. La faschosphère fait feu de tout bois et monte des sites tous azimuts y compris sur le créneau libertaire. Le problème qui se pose est le suivant : est-ce qu’en dénonçant tel site on ne lui fait pas de la pub ? Ne rien dire alors que l’on est au courant ne revient-il pas à dire qui ne dit mot consent ?

Marine Le Pen, nous l’avons déjà écrit, ne représente aucun danger dans l’immédiat tant que le patronat et les élites se satisfont de faire leur beurre avec des socialistes comme Hollande, des centristes comme Macron ou n’importe quel politicien du système. La situation serait différente si un fort mouvement social contestait le régime capitaliste et était en passe de supprimer les privilèges des puissants de ce monde. Nous sommes loin de cette situation explosive que nombre de militants souhaitent. Pauvre militantisme par ailleurs, qu’il soit syndical ou politique. Les militants deviennent de plus en plus des repoussoirs : personnalités qui désirent devenir calife à la place du calife, magouilles et calomnies pour obtenir le pouvoir, réunions houleuses, travail de fractions au sein des organisations, piques venimeuses entre militants du même bord…On ne parle pas des différends entre militants d’opinions différentes. Bref, plus on voit les militants s’écharper moins on a envie de leur ressembler. Des disputes et luttes internes qui amènent une union locale CGT comme celle du Havre à ne pas avoir de secrétaire d’UL pendant sept mois, des balances ton orga à la C.N.T. qui fragilisent et déconsidèrent cette petite confédération, des pouillages récurrents à F.O….tout ce petit monde s’étripe à qui mieux mieux et pendant ce temps, le patronat baille d’aise. Et le gouvernement continue à appliquer un programme libéral car Macron en a assez de donner un pognon de dingue pour les pauvres. Il préfère investir dans les riches et les starts-up.

Pendant ce temps le discours populiste se répand, les digues antifascistes se lézardent. Madame Le Pen n’est plus infréquentable depuis qu’elle tente de dédiaboliser son parti. Sa nièce investit le champ des idées avec sa nouvelle université à Lyon et fragmente un peu plus la droite parlementaire. On enfonce le coin pour faire exploser l’ancien parti chiraquien. Des dérapages verbaux nous habituent au pire, l’épisode de l’Aquarius nous déshumanise un peu plus. Plutôt que d’expliquer que la France est un pays qui ne s’en sortira que sur la base de valeurs d’entraide, les politiciens dans leur ensemble valide l’idée que le niveau baisse (école…), la société est décadente (mariage pour tous, PMA…) et possède un gros problème d’intégration des immigrés. Les idéologues d’extrême droite brosse les électeurs dans le sens du poil. Ils gardent la mainmise sur une partie de l’opinion en trustant les thèmes identitaires et d’intégration. Ils vont plus loin en prétendant participer à un futur gouvernement de coalition. Les exemples en Europe fourmillent désormais.

Les résultats des luttes antifascistes ne sont pas probants en France. Les lieux fascistes (Bastion social…) s’enracinent dans certaines villes (Lyon, Chambéry…) ; l’extrême droite fidélise son électorat ce qui lui procure des ressources financières suffisantes pour continuer à se renforcer…

Les libertaires feront dans les mois à venir des propositions pour contrecarrer l’hydre fasciste.

 

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