AVORTEMENT LÉGAL, PUBLIC, GRATUIT ET UNIVERSEL

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PARCE QUE C’EST NOTRE DROIT.

AVORTEMENT LÉGAL, PUBLIC, GRATUIT ET UNIVERSEL

Nous défendons le droit à un avortement libre, légal, de santé publique, gratuit et universel. Lorsqu’une personne prend une décision aussi difficile concernant son corps, personne n’a le droit de décider à sa place. Partout, avec la responsabilité que cela implique, cela doit être un choix que chacun doit faire librement, avec toutes les informations à portée de main, sans coercition, paternalisme, ou fausses démonstrations de moralité. Notre corps est à nous et à personne d’autre.

L’extrême droite essaie de s’emparer du droit à l’avortement et s’empare des corps en essayant de maintenir une société patriarcale et fasciste. Les déclarations constamment faites par ceux qui représentent l’Église, les secteurs de l’extrême droite et leurs groupes apparentés, pointant l’avortement comme une « culture de la mort », surprennent par l’impunité avec laquelle ils veulent décider de nos corps.

La conséquence la plus directe de l’interdiction de l’avortement dans le monde est la maternité forcée. Beaucoup de femmes finissent par avoir des bébés dont elles ne veulent pas. Si elles se retrouvent dans une situation économique précaire, cela les rend encore plus appauvries et précaires. Nous avons bien conscience que la maternité doit être choisie et désirée. Car quand on parle d’avortement, on parle aussi de maternité. L’avortement à risque figure parmi les principales causes de mortalité maternelle, bien qu’il soit totalement évitable.

Il est très important d’être clair sur la distinction entre l’avortement sécurisé et l’avortement non sécurisé, ainsi que sur la spécification des deux conditions qui le rendent sûr : personnel qualifié et méthodes sûres. Selon une étude menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 2010 à 2014, 55,7 millions d’avortements ont été pratiqués chaque année. Environ 25 millions étaient des avortements à risque, soit près de la moitié.

Déjà en 2013, en Espagne, Alberto Ruiz Gallardón, a tenté d’éliminer nos droits en voulant abroger l’actuelle loi sur les termes approuvée en 2010 pour nous ramener à la loi de 1985 qui n’autorisait l’avortement que selon les trois hypothèses de base. Des manifestations massives dans tout l’État l’ont forcé à annuler le projet et à abandonner sa carrière politique. Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement est remis en question par les Républicains et les églises. Les luttes féministes ont donc toute leur utilité et actualité.

Selon les données statistiques du ministère de la Santé espagnol, pour 2020, aucun avortement volontaire n’a été pratiqué dans aucun centre de santé public des communautés autonomes de Castille-La Manche, d’Estrémadure, de la Communauté de Madrid ou de la Région de Murcie, ni dans les villes de Ceuta et Melilla malgré la loi votée en 2010.

De même, il n’y a pas d’accès équitable à l’avortement pour tous les territoires. Dans toute l’Estrémadure, il n’y a qu’un seul centre concerté, deux pour toute la Castille-La Manche et aucun à Ceuta ou Melilla. Dans les zones à population dispersée ou les îles non capitales, les femmes sont obligées de se rendre dans les grandes villes, les capitales ou même dans d’autres provinces, souvent plusieurs fois, pour se faire avorter, avec le coût personnel et économique que cela implique.

De même, nous serons vigilants pour vérifier que les femmes enceintes et les femmes actives qui avortent ont une incapacité temporaire pour leur rétablissement, comme indiqué dans le projet de loi.

La nouvelle loi ne dépénalise toujours pas complètement l’avortement, ni ne l’universalise, exigeant la carte de santé pour y avoir accès, mais n’étant pas nécessaire si l’on décide de poursuivre la grossesse.

Dans des pays comme l’Espagne, où « soi-disant » l’avortement est légal, il existe un « piège médical » où tout personnel de santé peut déclarer une objection de conscience et refuser de pratiquer un avortement, même pharmacologique, même si plus tard ces mêmes personnes peuvent finir par les pratiquer dans les cliniques privées. Et il y a la circonstance que, comme dans la plupart des centres publics L’AVORTEMENT NE S’EXERCE PAS, la majorité des femmes et des femmes enceintes n’ont d’autre choix que d’exercer leur droit dans les centres privés (où 85% des avortements ont été pratiqués sur des volontaires), étant souvent obligées de payer les frais de leur poche au fur et à mesure que les semaines passent et que le temps presse.

Nous n’allons pas nous arrêter tant que le monde entier n’aura pas décidé de son corps. Si nos droits sont bafoués dans une partie de la planète, ce sont les droits de toutes qui sont menacés.

La réalité actuelle est qu’il existe encore des pays où l’avortement est criminalisé. Actuellement, l’avortement est très limité dans la plupart des États d’Amérique latine où ils ont une législation très restrictive qui le classe, dans certains cas, comme un crime et le limite principalement aux trois hypothèses de base.

La lutte des femmes argentines, avec la création d’une grande marée verte au niveau international, a été une grande victoire dans la réalisation du droit à l’avortement en Argentine et pour cette raison, nous les félicitons et souhaitons rejoindre leur mouvement car la lutte continue pour le Droit à l’avortement légal, sûr et gratuit dans tous les pays d’Amérique latine et du monde qui reproduisent l’expérience de la marée verte et rejoignent la lutte pour obtenir ce droit qui nous a été refusé.

Dans la majorité des États européens, l’avortement est légal par des termes ou pour des hypothèses très larges. Les seuls États de l’Union européenne où l’avortement est interdit sont Malte, qui pénalise l’avortement jusqu’à trois ans de prison, ainsi que le Vatican et Andorre où l’avortement n’est en aucun cas légal.

La visibilité d’autres réalités est plus que jamais nécessaire.

Les mobilisations intenses des femmes à travers le monde montrent qu’avec nos luttes nous disons ASSEZ. Nous sommes avec toutes les luttes féministes et nous continuerons à soutenir les luttes pour le droit à l’avortement et à accompagner les luttes de tous les pays où l’avortement n’est pas légal.

Pour cette raison, nous appelons à participer à chaque fois aux mobilisations qui ont lieu partout dans le monde. De même, nous soutenons toutes les mobilisations contre les féminicides. En 2021, on a dénombré 122 féminicides en France. En novembre 2022, on recensait déjà de 100 à 120 féminicides. C’est dire que le compte de féminicides ne faiblit pas. Victimes d’agressions sexuelles, de viols, de meurtres…les femmes paient un lourd tribut face au patriarcat. Et c’est encore pire dans les pays où la religion relègue les femmes au rang de citoyenne sans droits.

MON CORPS, MA DÉCISION.

PAS UN PAS EN ARRIÈRE, DROIT À UN AVORTEMENT GRATUIT, PUBLIC, LIBRE, SÛR ET UNIVERSEL.

Pas un féminicide de plus.

 

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