Assises de l’Education prioritaire

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Assises de l’éducation prioritaire : de qui se moque-t-on ?

Depuis quelques jours, les ZEP sont sollicitées pour une nouvelle forme de démocratie participative version éducation nationale : les assises de l’éducation prioritaire. Dans un rapport diagnostic ministériel sur l’éducation prioritaire publié en juillet 2013, les cadres de l’éducation nationale remettent en question l’efficacité des ZEP. Les constats tirés de ce rapport ne sont qu’une série d’évidences : non seulement l’école entérine et légitime les inégalités sociales mais elle les renforce. Les dispositifs d’éducation prioritaire ne remplissent pas l’objectif qui leur était fixé. Les enseignant.e.s du premier et du second degré sont donc convoqués pour être associés à la réforme des ZEP dans le cadre plus large de la « refondation de l’école ».

 Cette consultation est une mascarade qui ne devrait duper personne. La méthode est toujours  la même : on pointe des défaillances (les enfants de pauvres réussissent globalement mal à l’école) qu’on impute à des causes qui ne sont pas les bonnes (les moyens supplémentaires accordés aux ZEP sont inefficaces ), ce qui sert à justifier des régressions (suppression des dispositifs ZEP).

Depuis plusieurs années les ZEP sont régulièrement montrées du doigt, dans l’intention de légitimer leur disparition progressive, pour faire des économies. Cette consultation orientée n’est qu’une forme du management qui ne varie pas d’un gouvernement à l’autre: culpabiliser les personnels en les mobilisant sur leurs propres valeurs (favoriser la réussite de tou.te.s) et les rendre complices des choix gouvernementaux en matière de politique éducative sur lesquels ils n’ont en réalité aucune prise.

 

L’idée est de faire consentir les enseignant.e.s, à grands coups d’évaluation basées sur des résultats chiffrés, au fait qu’ils sont responsables de l’échec des ZEP malgré l’octroi de moyens supplémentaires. L’objectif affiché au départ était de « réduire les écarts ». Or malgré l’augmentation des inégalités et de la misère, les moyens ont été réduits. Comment s’étonner alors de l’échec du dispositif ?

On ne peut pas demander à l’école de résoudre l’ensemble des problèmes sociaux, alors que ce qui se passe sur le terrain n’est que la conséquence de choix politiques. Ce qui sous tend toute réforme de l’éducation nationale c’est de faire des économies, on recherche le meilleur rapport qualité/prix.  De plus on ne prend jamais en compte l’ensemble des facteurs qui stigmatisent des populations : politiques d’urbanisme, abandon de la carte scolaire, …

 

Même si les ZEP ne sont pas la solution miracle, il n’est pas possible dans le système actuel de fonctionner sans moyens supplémentaires en terme matériel, de temps, d’effectifs, d’éducateurs.

 

Dans une société égalitaire il n’y aurait pas besoin de ZEP.

Nous appelons les collègues à ne pas jouer le jeu et à résister sous toutes les formes possibles :

- ne pas y participer

- proposer d’autres intitulés pour les ateliers de travail

- faire remonter des revendications syndicales

- saboter cette fausse consultation sous toutes les formes possibles

 

Texte de la CNT

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