Antimilitarisme à la C.G.T.

Fédération communiste anarchiste

Dans nos jeunes cervelles, au lieu de développer nos bons instincts : instincts
d’amour, instincts humains, l’on s’est appliqué à développer les mauvais :
l’instinct batailleur, meurtrier, cruel ; l’instinct brutal.
Au lieu de nous faire admirer la bonté, au lieu de nous laisser plaindre la
faiblesse, on nous a tait glorifier la guerre et respecter la force.
Nos premiers jouets furent des sabres, des fusils, des casques, des drapeaux.
On nous accoutuma, dès l’âge le plus tendre, à aimer l’uniforme en le mêlant à
nos jeux ; à manier avec une certaine prédilection des semblants d’instruments
de massacre. A la veillée, sous la lampe, en attendant le sommeil réparateur de
la fatigue de nos jeux belliqueux, nous avons passé des heures à manier des
fantassins et des cavaliers en plomb. Nos délices, pour nous délasser d’avoir
joué aux soldats ou d’avoir couru devant les régiments étaient de massacrer
en effigie beaucoup de Prussiens avec des canons de cuivre et de bois dans des
forteresses de carton.
Devenus plus grands, studieux et moins bruyants, les livres d’images où nous
apprîmes à lire étaient à peu près tous consacrés aux soldats et aux combats.
Nos livres de lecture contenaient beaucoup de récits d’actes d’héroïsmes sur
les champs de bataille. Peu de place restait pour nous parler des hommes de
science, d’art, de ceux qui faisaient des découvertes, des inventions utiles, de
ceux qui, parfois, laissaient leur vie dans une expérience scientifique ou dans
un acte de dévouement pour sauver ou soulager leurs semblables.
Ainsi, souvent inconsciemment, nous fut donnée une fausse direction d’esprit
que l’école acheva par son enseignement de l’Histoire et par bien des
faiblesses de son enseignement civique.
6287,260,000 fr. Mais c’est tout l’avantage, car le service de trois ans supprimé
serait remplacé sans doute par l’éducation militaire théorique et pratique
des jeunes gens et l’entretien de cet enseignement parmi les milices durerait
toujours pour ceux qui en feraient partie. L’esprit militariste ne serait guère
amoindri. D’ailleurs, les milices belges, n’ont-elles pas tiré sur les grévistes
et les manifestants qui réclamaient le Suffrage universel ? Les milices suisses
n’ont-elles pas fait de même contre les grévistes, employés de tramways et
autres ?…
Ce qu’il faut, c’est une éducation meilleure. L’enseignement actuel diffère
très peu de l’enseignement clérical. Comme lui il fanatise et abrutit. Religion
ou Patrie, cela se vaut. Faire le signe de la croix ou saluer le drapeau dénote la
même triste mentalité.
Ce qu’il faut, c’est compter sur nous-mêmes.
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