2014 : l’année des patrons et de l’extrême droite

Paysan

2014 : l’année des patrons et de l’extrême droite

Pour certains socialistes nostalgiques, 2014 sera l’année Jean Jaurès. En réalité 2014 sera l’année où François Hollande, sous couvert de lutte pour l’emploi, aura contenté le MEDEF sans contrepartie tangible : « Moins de charges sur le travail, moins de contrainte sur leurs activités ». Cela pourrait porter à rire si nombre de chômeurs et de smicards n’étaient dans la mouise. Le crédit d’impôt compétitivité octroyé au patronat ce sont 20 milliards d’allègements de cotisations sociales par an pour les entreprises. Pas d’augmentation de salaire pour les travailleurs mais des cadeaux aux plus riches comme du temps de Sarkozy avec sa loi TEPA…Pas de relance par la consommation : Hollande s’adresse aux chefs d’entreprises et aux économistes faiseurs d’opinion. Pas un mot pour les salariés qui tirent la langue et à qui on va demander encore davantage d’efforts. Idem pour les collectivités locales auxquelles on va exiger des économies alors que l’Etat leur impose des dépenses supplémentaires : par exemple les activités périscolaires de la réforme Peillon…

Pierre Gattaz, président du Medef, indique qu’une baisse de 100 milliards d’euros des prélèvements sur les entreprise génèrerait 1 million d’emplois…Les exigences d’Yvon Gattaz, le père de Pierre, sans népotisme aucun, étaient du même tonneau il y a une trentaine d’années. Il avait obtenu satisfaction de la part du gouvernement sans pour autant se plier aux créations d’emplois qu’il avait pourtant annoncées !

Rien de nouveau sous le soleil. Complaire au patronat et exiger des sacrifices du côté des salariés. Une vieille rengaine et comme la plupart des travailleurs n’ont pas de mémoire, certains se prennent à y croire.

En attendant, Hollande et ses séides exaucent les vœux des patrons qui se réjouissent déjà (ils auraient tort de ne pas le faire) et qui en demanderont toujours plus si un rapport de force ne les arrête pas.

L’extrême droite n’a plus qu’à ramasser la mise. Même plus besoin de faire campagne, il suffit d’attendre les européennes et de ne pas faire de bourdes jusqu’aux prochaines échéances électorales. Les reculades face aux patrons profitent donc en premier lieu aux politiciens d’extrême droite. C’est un rapport de cause à effet.

Les politiciens socialistes font le pari de l’avenir et veulent faire mentir les sondages : « Les oracles sondagiers ne nous annoncent-ils pas des élections municipales gagnées par la désertion civique et des élections européennes en forme de consécration pour une alliance hétéroclite des haines nationalistes ? »

Le pire c’est que les dits socialistes savent ce qu’il va advenir mais ne prennent absolument pas de mesures pour contrecarrer la montée du F.N. Ils continuent à satisfaire les exigences patronales en bons garants du système capitaliste.

Il faut dire qu’il n’y a plus de militants P.S. dans les entreprises et qu’ils n’ont donc plus l’écho de ce qui s’y dit. Le P.S., parti de Bobos, nous amène droit dans le mur mais ses adhérents entendent se dédouaner de leurs responsabilités en faisant porter leurs fautes sur de méchants abstentionnistes ou de mal votants. Eux, ils font tout bien, mais Hollande est au plus bas dans les sondages et plus personne ne croit aux balivernes des libéraux dits socialistes. Mais c’est de la faute à la crise. Pourtant, les socialistes possèdent toutes les manettes du pouvoir : majorité chez les députés et au Sénat, 21 présidences de régions sur 22, une majorité de conseils généraux…la plupart des mairies des grosses villes (Paris,Lyon,Lille,Montpellier…). Sans compter l’appui sournois des directions syndicales confédérales. Tout le pouvoir aux socialistes qui demeurent insensibles aux souffrances des travailleurs et des chômeurs. On aurait tort de penser que ce sont des incapables. Ils exécutent ce pour quoi ils sont faits : servir de béquille à la droite dans le cadre d’une alternance politique bien rôdée depuis des décennies. D’où le constat d’une certaine continuité dans les politiques menées. A cela nous pourrions ajouter le phénomène technocratique dans la Fonction publique : les mêmes dirigeants qui assurent le délitement des services publics en bons et loyaux serviteurs de l’Etat qui privatise petit à petit sans secousses brutales…

En trompant les travailleurs, le P.S. est disqualifié sur toute la ligne et aura bien du mal à faire avaler d’autres couleuvres aux gens du peuple. Ses valeurs sont celles du capitalisme triomphant via un patronat requinqué par une gauche plus à droite que certains centristes.

Aux libertaires, une autre branche du socialisme historique, de combattre pied à pied les libéraux de droite et de gauche ainsi que l’extrême droite nauséabonde tapie en attendant son heure. Cette extrême droite proche du patronat aussi et qui n’hésitera pas à tailler dans le vif de nos libertés et de nos acquis sociaux si elle accédait au pouvoir…

 

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