15 Septembre

 

cortege-de-tete-Lille-15sept2016Ce jeudi 15 septembre, jour de mobilisation contre la loi travail a  marqué sans surprise une rentrée sociale plus qu’attendue, et son abrogation reste pour la CNT un objectif incontournable de ces prochaines semaines.  Mais parce que celle-ci s’inscrit dans l’inéluctable logique de destruction des droits et des acquis des travailleurs et des travailleuses engagée depuis maintenant plusieurs années par les gouvernements successifs, il convient de rappeler qu’en ce mois de septembre, nombreux sont les motifs qui expliquent la colère sociale et légitiment de reprendre le chemin des luttes.

 En premier lieu, nous n’oublions pas la loi Macron, dont la publication des décrets d’application prive désormais les salarié-es de choisir librement leur défense lorsqu’ils portent devant les conseils de prud’hommes les conflits qui les opposent à leurs employeurs, et qui remet ainsi directement en cause la possibilité pour les organisations syndicales d’user des moyens qu’elles jugent nécessaire pour défendre les intérêts matériels comme moraux des travailleur-euses.

 Les nouvelles annonces de fermeture de sites industriels tels que celui d’ALSTOM à Belfort nous rappellent quant à elles que les nombreux cadeaux faits au patronats dans le cadre du CICE, tout comme la libéralisation et la déréglementation du travail à travers l’ANI, ne sont en rien des remèdes aux suppressions d’emploi et au chômage. Bien au contraire, toutes ces réformes contre lesquelles la CNT reprendra la lutte dès cette rentrée sont bien les responsables de l’aggravation de la précarité que nous connaissons toutes et tous et qui fait écho chaque jour aux profits démesurés du patronat.

Et que dire des services publics où le manque d’effectif se fait dramatiquement ressentir et a d’ores et déjà suscité la mobilisation des salarié-es du public ces derniers jours, notamment dans les hôpitaux où les personnels soignants sont poussés dans leurs derniers retranchement au détriment de toute notion de santé publique, mais également dans l’Education Nationale où les personnels se retrouvent contraints en cette rentrée scolaire d’appliquer une réforme des collèges sans pour autant disposer des moyens nécessaires.

La CNT rappelle également que c’est ce gouvernement «dit « socialiste » qui mène depuis plusieurs années une répression sans scrupules à  l’encontre des travailleur-euses mobilisé-es sur les questions sociales : condamnant des syndicalistes, prononçant des interdictions de manifester ou molestant ceux qui sont encore autorisés à défiler, fouillant ou saccageant les locaux et le matériel des organisations syndicales, évacuant violemment les militants des ZAD comme à Notre Dames des Landes ou à Bure, criminalisant toutes celles et ceux qui se battent pour sauvegarder leurs emplois et défendre les acquis sociaux, comme ce fut le cas pour Fouad Harjane de la CNT, ou pour les camarades de la CGT Good Year plus récemment. En reprenant le chemin des grèves, en battant à nouveau le pavé à l’automne 2016, c’est également pour que cesse cette répression, que soient amnistiés tous  les condamné-es du mouvement social, et pour que soit définitivement abandonné l’Etat d’urgence, qui sert avant tout d’outil de répression politique des luttes, que nous nous battrons.

 

Rappelons au passage que les luttes sociales actuelles  ne sont pas propres à la France. Cette logique de destructions des acquis et de casse des droits est une copie conforme des réformes libérales menées ces dernières années, en Belgique, en Italie, ou en Espagne, et c’est pourquoi nous rappellerons partout où nous serons mobilisé-es que face au capital, c’est bien au delà de nos frontières qu’il nous faut développer des liens de solidarité, qu’il nous faut mener la lutte des classes. En cette rentrée la CNT n’oublie pas non plus qu’au delà de l’Europe, la classe populaire souffre : au Moyen Orient, où la population palestinienne vit toujours sous l’oppressions de son voisin colonisateur ; En Syrie et en Iraq où le peuples sont pris entre la domination des intégristes de Daesh et les armées impérialistes des puissances capitalistes ; en Afrique, ou les événements récents au Gabon nous montrent bien que les joutes électorales entre ceux qui convoitent le pouvoir ne sont en rien une voie pour l’émancipation de la classe populaire…

Finalement, alors que le se tiendront du 28 novembre au 12 décembre les élections dans les TPE (Très Petites Entreprises) et pour les salarié-es des particuliers, nous rappelons que nombreux et nombreuses salarié-es ne disposent aujourd’hui d’aucune protection syndicale, et cela dans des secteurs d’activité dont nous savons tous que les conditions de travail sont insupportables et la précarité exacerbée tels que, entre autres, l’hôtellerie et la restauration, le bâtiment, les commerces, l’aide aux personnes… Pour cette raison, la CNT mènera campagne dès cette rentrée pour que les salarié-es des TPE fassent le choix de développer sur leurs lieux de travail un syndicalisme de combat, révolutionnaire et autogestionnaire, afin non seulement de défendre leurs intérêts immédiats, mais à plus long terme de renverser le rapport de force avec un patronat qui exploite en silence, et depuis bien trop longtemps leur force de travail, de redonner à toutes et tous la dignité de celles et ceux qui produisent les richesses.

 

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